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18 ans après l’assassinat de Guermah Massinissa (témoignage)

18 ans après l'assassinat de Guermah Massinissa (témoignage)
Ecrit par Boukhelifa Zahir

Le journaliste de Jeune Afrique Farid Allilat a publié un témoignage précis sur l’assassinat du jeune Guermah Massinissa, la première victime des gendarmes algériens lors du printemps noir de Kabylie.

À propos de la mort de Massinissa Guermah. Juste deux ou trois précisions qui ne changent pas la nature et la profondeur de cette tragédie. Mercredi 18 avril 200, Massinissa Guermah a reçu trois balles dans les membres inférieurs tirées par le gendarme Merabet Mestari au siège de la brigade de Beni Douala. Massinissa a d’abord été transféré à la clinique de Beni-Douala avec un autre gendarme qui a été blessé au pied par des éclats des trois premières balles sorties du Klach de Mestari et qui ont ricoché sur le sol. J’ai personnellement discuté avec le personnel médical qui ‘avait pris en charge Massinissa. Les gendarmes qui l’ont évacué avec leur collègue blessé ont intimé l’ordre aux médecins de s’occuper d’abord du gendarme. Ce que les médecins ont refusé.

De là, Massinissa a été transféré en fin de journée à l’hôpital de Tizi. Mais il était déjà presque trop tard. Il a perdu bcp de sang. De Tizi, il a été transféré à Alger parce qu’ils ne pouvaient plus le prendre en charge. Massinissa est décédé vendredi 20 avril à 8h15 heures du matin à Mustapha Bacha. Je suis convaincu qu’on aurait pu le sauver si on l’avait secouru à temps. Le gendarme auteur des coups de feu a été jugé par le tribunal militaire de Blida et a écopé de deux ans de prison. Il est le seul à avoir été jugé. Aucun autre gendarme ou policier n’a été entendu par la justice civile ou militaire. En 2008, j’avais rencontré Belaid Abrika dans le cadre d’un reportage. Voici ce qu’il m’a dit :  » Les preuves et les témoins ne manquent pas pour les confondre. Nous avons formellement identifié une vingtaine de tueurs. Des témoins et des blessés se sont présentés devant le juge d’instruction pour livrer les noms et les signalements des gendarmes qui ont fait feu. Mais, à ce jour, aucune confrontation n’a eu lieu. »

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Boukhelifa Zahir