National Politique Tamazight

Acharnement contre les mozabites (suite et fin)

Ecrit par Hichem B

C’est aujourd’hui que kab-news clôture la publication de l’enquête sur les responsables et les chargés de mission de l’acharnement du pouvoir algérien contre les mozabites. Nous clôturant la publication avec une 4e partie, mais avec la triste nouvelle du décès du Dr Fekhar, l’une des cible de ces assassins tapis dans l’ombre d’institution de l’Etat.   

 

Bras de fer pour une justice propre

L’avocat et défenseur des droits de l’homme, Salah Dabouz est l’un des rares avocats à recourir aux mécanismes internationaux; pour dénoncer énergiquement, sur les réseaux sociaux et dans de nombreuses interviews, les pratiques scandaleuses de certains juges de Taghardayt (Ghardaïa), parlant surtout du comportement de Mohamed Ben Salem qui a émis un mandat d’amener contre l’avocat en question. Ce dernier fut arrêté à Alger, dans un restaurant, pas loin de son cabinet ; et présenté devant le juge d’instruction, le lendemain.

Selon les mêmes sources, le procurer général aurait organisé une réunion avec le président de la cour de Taghardayt (Ghardaïa), Fahim Mohamed, frère de l’ancien Wali de Ghardaïa, Fahim Yahia (comme par hasard) issus de Nedroma, le procureur de la république principal près le tribunal de Ghardaïa, M. Bouzidaoui Khatir, le président du tribunal de Ghardaïa, M. Degdeg Djamel et M. Bouameur Bouhafs, président de la fondation des Chaâmbas, à l’issue de laquelle le procureur général de Ghardaïa) aurait donné sa parole d’honneur d’arrêter les activistes M’zabs les plus en vue, dont l’avocat, Me Salah Dabouz.

L’arrestation de Me Salah Dabouz avait provoqué un élan de solidarité national et international, sans précédent, chez les avocats qui avaient décidé d’une grève générale, exécutée par l’union des barreaux d’Algérie, le 9/4/2019, (Document N° 7) ce qui avait fait intervenir un cadre du ministère de la justice, qui aurait contacté le juge d’instruction vis à le parquet pré le tribunal de Ghardaïa,  lui demandant d’intervenir auprès du juge d’instruction de la première chambre, pour éviter l’incarcération de Me Dabouz, et le procureur général aurait violemment réagit à cette intervention, ce qu’il l’a poussé à émettre un communiqué où il condamnerait et dénoncerait ce geste, allant jusqu’à menacer les avocats qui déclareront leur soutien à Me Dabouz de poursuites judiciaires et disciplinaires.

Il a accusé Me Dabouz, dans ce communiqué, de trafic d’influence, déclarant que le parquet aurait reçu un appel téléphonique de la part d’un cadre du ministère de la justice, le sommant de libérer l’avocat dans l’immédiat, au moment où l’avocat écrit sur  sa page Facebook que le juge d’instruction lui avait demandé, à lui et à ses avocats, de quitter son bureau pour qu’il puisse réfléchir à la suite à donner à son cas, et qu’il considère cela comme une preuve irréfutable de l’ingérence de cadres du ministère, dans le travail des juges, mais rien ne prouve que cette ingérence ait été faite en sa faveur, mais qu’au contraire, elle se serait faite en sa défaveur, puisqu’il est soumis à un contrôle judiciaire par une décision abusive, au moment où ses client sont carrément emprisonnés sans être jugés.

Me Dabouz a défié le procureur général qui déclare refuser toutes intervention dans ses attributions et les attributions des juges, de poursuivre celui qui s’est ingéré dans les attributions du juge qui l’a convoqué à Ghardaïa, conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés au nom de la loi ; en particulier s’il croit sincèrement que la loi est au-dessus de tous, lui demandant de ne pas se contenter de se lamenter sur des violations de la loi, lui qui représente le pouvoir répressif de quiconque la viole.

Il va jusqu’à dire que si ce dernier n’a pas le courage de le faire, ça sera alors lui qui déposera personnellement une plainte pour intervention par un cadre supérieur, afin d’influencer le travail d’un juge et demander à entendre le procureur général et le procureur de la république, en tant que témoins ou complices, car ils n’ont pas refusé de le faire, mais l’ont aidé à le faire, vu que le procureur général a déclaré que l’intervention avait été effectuée par l’intermédiaire du parquet, et non par un contact direct avec le juge d’instruction. Cela confirme et prouve l’ingérence dans le travail du juge d’instruction.

L’avocat soutient que la règle légale dispose que la détention provisoire ; et toutes les mesures conservatoires ne sont dues qu’à des faits graves et que la liberté d’expression ne constitue pas un fait grave. Logiquement donc, il ne peut être le bénéficiaire d’aucune sorte d’ingérence d’où qu’elle vienne, parce qu’à l’origine il ne cesse lui-même de dénoncer les pratiques des cadres du ministère pour abus d’autorité, ingérence dans le travail des juges, et qu’enfin la déclaration du procureur général est une excellente preuve matérielle de la véracité de ses accusations.

Le comble dans cette affaire est que ce procureur général a émis un communiqué où il se réfère à des textes religieux et au prophète Mohammed beaucoup plus qu’au texte légaux; et où il déclare que son premier objectif est bel et bien religieux, ce qui pose beaucoup de points d’interrogation, concernant son rôle joué à Ghardaïa et ses alliances déclarées avec la communauté arabe de la région Mzab.

Me Dabouz, dit avoir saisi l’Union Internationale des Avocats (UIA), étant un de ses membres, mais également, du fait que les lois internes le lui permettent, et qu’il a soumis un rapport sur l’arbitraire du pouvoir judiciaire et le silence du ministère de la Justice. L’UIA a réagi par une lettre très ferme qu’elle a adressée au ministre de la justice. Aussi, Front line Defenders dénonce cet acharnement sans précédent contre un avocat intègre, connu pour ses activités humanitaires.

Pour rappel, Me Dabouz a toujours défendu au nom de la loi et non au non d’un rite religieux ou de son appartenance ethnique, comme il l’a si bien prouvé en défendant les membres de l’Ahmadiya qui sont de plusieurs régions du pays.

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Hichem B