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Affaire Arezki Akkouche, quand la justice se venge du printemps noir de Kabylie

Affaire Arezki Akkouche, quand la justice se venge du printemps noir de Kabylie
Ecrit par Boukhelifa Zahir

Les faits remontent au 18 juin 2001, il y a exactement dix huit ans et trois jours. Alors que la Kabylie étaient à feu et à sang dans la fournaise du printemps noir, des jeunes ont investi la pharmacie d’Etat de la localité d’Amalou. Face au manque criant de médicaments, de produits de premiers secours et de produits chirurgicaux divers, dans les hôpitaux et cliniques de la régions et le nombres impressionnants de blessés par armes de guerre. La population n’avait pas d’autre choix que de prendre de force le nécessaire aux soins des blessés.

Plainte de Arezki Akkouche

Pour se protéger vis-à-vis de la loi, Akkouche Arezki dépose plainte contre contre X par l’intermédiaire de son sonseil juridique Me Bahloul auprès du tribunal d’Akbou.

Après l’inventaire effectué par le responsable régional de la société, une plainte est déposée par cette dernière au tribunal de Sétif pour détournement et dilapidation des biens de l’état. Après une entrevue avec le procureur, l’affaire est renvoyée au tribunal d’Akbou, pour compétence territoriale.

Lors de l’instruction, des attestations sont produites par le maire d’Amalou, les responsables du mouvement citoyens et l’hôpital d’Akbou, pour attester des événements survenus le 18 juin 2001 et louer le sang froid de Akkouche Arezki. Le délégués de l’époque ont même rédigé une lettre de remerciement pour le pharmacien, grâce à l’ancien hôpital d’Akbou a pu lever qui le blocus de l’état algérien sur les médicaments et permis de sauver des vies humaines d’une mort certaine.

S’ensuit alors un procès lors duquel A Arezkii s’est constitué partie civile.

Témoignage des délégués des Archs

Le verdict est tombé le 22 mars 2003 et le pharmacien kabyles est débouté et retrouve sur le banc des accusés, poursuivis par la société qui l’emploie. Ce premier verdict signe le début du calvaire judiciaire que subit Arezki Akkouche depuis 18 ans. Si jusqu’en 2005, les délégués du mouvement citoyen étaient à ses côtés. Après l’émoussement de la contestation kabyle, il se retrouve confronté seul à a machine judiciaire algérienne, malgré quelques soutiens, notamment Zahir Ben Khellat.

D’appels en cassations, d’Akbou à Bgayet, A Akkouche traînera une condamnation à 06 mois de prison et 10 000 dinars  d’amende et à rembourser la somme de 1 700 000.00 dinars.

Verdict de la cour suprême

L’affaire est porté devant la cour suprême, le 22 avril 2010. La condamnation est confirmée le 26/11/2015 par la haute juridiction algérienne.

Après une demande en grâce adressée au ministre de la justice, restée lettre morte. Et un recours pour la suspension de l’exécution de la peine prononcée. Arezki Akkouche est harcelé pas la police d’Akbou qui l’a convoqué deux fois, et fait régulièrement des descentes à son domicile pour l’arrêter.

 

Convocation par la police en 2019

Alors qu’aucun gendarmes n’est poursuivi et condamné à la hauteur du génocide commis en Kabylie pendant le printemps noir. Alors qu’aucun responsable politique ni militaire n’est inquiété pour leur complicité avérée. Alors que l’Algérie vit des soubresauts inédits dans son histoire post-départ de la France, la justice du système demeure imperturbable dans son entreprise antikabyle. Personne ne pourra rendre les jeunes tombés lors du printemps noir ni rendre valide les 5000 blessés, mais la mobilisation peut empêcher le renvoie en prison d’un juste du printemps noir et priver ces deux anges de l’amour paternel.

 

A propos de l'auteur

Boukhelifa Zahir