Kabylie Une

Affaires Merzouk Touati: quelles conséquences, quels enseignements ?

Affaires Merzouk Touati: quelles conséquences, quels enseignements ?
Ecrit par Boukhelifa Zahir

Lors du procès de Merzouk Touati au tribunal de Skikda hier. Un militant a posté ceci sur son profil : « j’assiste au procès de la Kabylie non pas à celui de Marzouk Touati ». Ce constat ne s’applique pas seulement à l’affaire jugée ce jour là. Il reflète aussi le procès de Slimane Bouhafs, celui des non-jeûneurs de Michelet et ceux d’Ighzer-Amokrane. Par extension, c’est les chrétiens de Tiaret condamnés pour délit de confession. C’est aussi les Ahmadis persécutés par les autorités algériennes. Ce qui est condamné ici, c’est pas la Kabylie proprement dite, mais une certaine idée de la liberté.

Le clergé musulman et le pouvoir algérien se sont ligués contre toute expression libre d’une opinion politique ou religieuse différente. En soit ce n’est pas d’avoir une autre religion que l’Islam ou avoir des affinités avec un juif qui leur posent problèmes. Ce qu’ils craignent, c’est la capacité d’un être à réfléchir par lui même. Eux, qui des siècles durant, ont préfabriqué des ennemis héréditaires à tout un chacun. Ils ont peur que les digues d’ignorances érigées dans les cerveaux, ne cèdent face au doute. Ce dernier est dangereux quand tout est déclaré, absolu, irrévocable et gravé dans le marbre.

Pour maintenir les peuples d’Algérie sous domination, le pouvoir et les islamistes ont entrepris le processus de « retraditionalisation » des sociétés. Si la Kabylie échappe pour le moment à cette aliénation programmée. C’est grâce à une certaine tradition de tolérance religieuse et à l’école française.

Si l’islam, même kabyle recèle la violence nécessaire pour mener et gagner des guerres. Il ne dispose par contre d’aucun instrument culturel ni intellectuel pour l’édification d’un État moderne.

Il n’est pas anodin si la France coloniale s’est attachée les services de l’association des Oulémas et des Zaouïa pour acter sa prise en main des consciences.

Si nous laissons faire ce phénomène, nous serons mûrs pour la colonisation dans vingt ans au plus tard’

Le pouvoir algérien et son corollaire, l’islamisme savent que s’ils laissent propager cette idée de liberté, il adviendra que malheur pour leur entreprise de confiscation des âmes et des êtres. Surtout ils ne sont pas prêts de lâcher un allié providentiel, la religion musulmane. Celle qui, vidée de sa spiritualité individuelle, s’érige en un implacable code pénal divin. Une culpabilité intrinsèque à l’acte de réfléchir, donc de vivre. Cette culpabilité est le pire ennemi de la liberté.

A propos de l'auteur

Boukhelifa Zahir