Algérie; Said Sadi fuit-il un « lawfare » orchestré par Gaïd Salah ?

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Après sa mésaventure à l’aéroport d’Alger le 08 juin dernier [lire l’article], Dr Said Sadi n’est plus retourné en Algérie. Malgré lui, l’homme politique semble être écarté de la scène politique et de la rue en ébullition en cette période charnière.

Dans le jargon du droit un « lawfare » est un terme anglo-saxon pour désigner l’usage stratégique du droit pour écarter des opposants politiques. Le plus célèbre cas est celui de l’ex président Lula emprisonné au Brésil. Le juge qui a ordonné son emprisonnement est promu ministre de la justice de la nouvelle dictature militaire d’extrême droite. Si au Brésil, l’establishment a tenu à garder le vernis de « l’Etat de droit ». Ce qui a nécessité la synchronisation de plusieurs juges, la police et l’administration fiscale. Dans un Etat où les puissants du moment dictent les directives au téléphone comme en Algérie, ce genre d’agissement est monnaie courante.

Les éléments qui créditent la thèse des risques encourus par le Dr Sadi, sont situés dans cette zone grise que le régime en place entretient autour du « cas Sadi ». Il joue à amplifier et souligner ces relations avec le général Toufik, et l’impliquer à son tour dans « le complot ». Ajouté à cela les bruits que certains font courir sur sa présumé fortune immobilière en France, Espagne et Suisse. Ces derniers soutiendraient que les biens auraient été acquis grâce au détournement d’une ligne de crédit « algéro-italienne » dont aurait bénéficié le docteur du temps où le tandem Toufik-Rebrab était aux commandes dans les années 1990. Tout cela vise à enclencher une « procédure judiciaire » qui aboutira inévitablement, par la grâce du téléphone à un mandat de dépôt. Comme se fut le cas pour Issad Rebrab, qui s’est fourvoyé d’une déclaration sur la pédophilie prédatrice du « chef suprême » de l’armée Ahmed Gaïd Salah.

La deuxième « source » d’où proviendraient les ennuis de Saïd Sadi, serait ses déclarations publiques et ses interventions via les réseaux sociaux et les médias. Une horde de flics du net épierait ses moindres déclarations à la recherche d’un propos diffamatoire ou attentatoire, qui justifierait des poursuites. Le régime chercherait à reproduire le cas du prisonnier Bouregaa.

La « révolution du sourire » saura-t-elle rendre le sien au docteur Sadi, ou l’enverra-t-elle rejoindre en exil son ami de 40 ans Ferhat Mehenni ?

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