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Ali Haddad: acte judiciaire ou règlement de compte?

Ecrit par Boukhelifa Zahir

L’arrestation de l’homme d’affaires et ex président du FCE, Ali Haddad répond-t-elle a une exigence judiciaire ? Les chefs d’inculpations retenus contre sa personne à savoir la possession de deux passeports et d’une somme de 4500 euros en liquide sont ils réellement le motif de son maintien en détention?

Sur le plan juridique l’autorisation de détention de deux passeports délivrée par le ministère de l’intérieur annule le caractère frauduleux et donc de l’infraction. Quant à la détention de 4500 euros, elle ne constitue en aucun cas un crime. Ayant dépassé 1000 euros, la somme devait être déclarée aux douanes, faute de quoi elle sera saisie. Néanmoins il faut connaître les conditions de cette arrestation.

Est ce que cette arrestation vient suite à une interdiction de quitter le territoire délivrée par une autorité judiciaire ou elle est le résultat d’une justice populaire qui a livré le suspect à la police des frontières ? Dans ce cas ne faut-il pas craindre des lynchages de suspects par la foule en liesse.

Y-a-t-il des poursuites judiciaires antérieures au 22 février à l’encontre de l’ex patron des patrons ou fait-il face à un « délit de faciès »? Pourquoi tous les gros bonnets de la corruption à l’instar de Chakib Khalil sur qui pesait deux mandats d’arrêts, l’un algérien et l’autre international? Pourquoi Amar Ghoul, rebaptiser par l’opinion du nom de l’autoroute est-ouest, n’est pas inquiété alors qu’il est la carte de visite de la corruption? Pourquoi les autres ministres à l’instar de Bouchouareb et Ouyahai cités dans les Panama’s Papers ne sont pas poursuivis.

La mise sous mandat de dépôt de l’homme fort du patronat serait-il un début pour d’autres arrestations et jugements de tous les corrompus? Ou juste une ruse pour contenter le peuple et faire passer le coup d’état militaire qui se prépare.

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Boukhelifa Zahir