Décès du Dr Fekhar : l’avocat Dabouz accuse les autorités de Ghardaïa

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L’avocat Salah Dabouz revient dans cet entretien sur les conditions de détention du Dr Fekhar et les cris d’alerte qu’il a lancés pour sauver la vie du défunt. Il évoque aussi les autorités de Ghardaïa et leur acharnement contre les mozabites. A souligner que cet entretien a été réalisé, hier soir, donc, l’avocat n’a pas évoqué la situation de ce matin, à savoir l’enterrement de Fekhar à Alger. Un sujet sur lequel nous allons revenir durant la journée.

Vous avez tiré la sonnette d’alarme quant aux conditions de détention de Fekhar et Aouf, pourquoi les autorités ne vous ont pas écouté ?

Salah Dabouz : Les autorités de Ghardaïa notamment ceux de la justice se sont clairement placés en adversaire personnels aux activistes qui dénoncent leurs dépassements et les abus qu’ils commettent à chaque fois. Quand j’ai lancé les appels contre les conditions de détention de Fekhar Kameleddine et Aouf Hadj Brahim, trois vendredi de suites en disant que la cellule carcérale de l’hôpital de Ghardaïa est très sale et qu’il y avait des insectes qu’on peut voir à l’œil nue et que le corps médical et paramédical ne faisait pas son travail correctement, c’était tout ce que je pouvais faire sachant que je suis moi-même soumis à un contrôle judiciaire trois fois par semaine et à 600 km de chez moi.

Ce genre de comportements n’a aucune relation avec les mesures conservatoire prévues par le Code de procédures pénales, mais c’est tout simplement un abus d’autorité pour faire taire des citoyens qui dénoncent de graves dérives de ces autorités, judiciaires et administratives, qui sont allées vraiment loin en réprimant tout une communauté. Baba Nadjar Mohamed est condamné à tort, parce qu’il a refusé de dire que c’est Fekhar qui est derrière le meurtre du feu Bazzine. Baouchi Affari, Bencheikh Aissa, Gueddouh Salah sont morts en prison, dans des conditions mystérieuses,  Aouf Hadj Brahim et Lassaker Bahmed croupissent en prison, car ils sont syndicalistes et ils ont dénoncé des abus d’autorités, moi-même je suis sous contrôle judiciaire par un acte de vengeance et pour m’empêcher de faire mon travail.

Vous avez accusé le procureur général et le wali d’en être responsable. pourquoi ?

Le procureur général et le wali de Ghardaïa ont clairement démontré par des déclarations publiques,  notamment le discoure du wali du 31/07/2016, ou il avait déclaré clairement qu’il a donné des ordres aux juges après avoir pris l’avis des autorités supérieures dont une grande partie est poursuivie en justice aujourd’hui ou au moins écarté du pouvoir, comme a fait le procureur général dans son communiqué du 8 avril dernier ou il montrait une haine choquante contre moi, mais aussi contre mes camarades coaccusés. Je pense que nous ne sommes plus devant des analyses mais devant des preuves matérielles sans aucun doute.

 Vous avez récemment accusé le même procureur d’acharnement, qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

Le communiqué émis par le procureur général contient des passages scandaleux,  qui violent le principe de la présomption d’innocence et du droit de la défense puisque, d’un côté,  je suis gravement limité par ce contrôle judiciaire, premier de son genre de toute l’histoire de l’Algérie et par des menaces de poursuites contre les avocats qui ont voulu me défendre et aussi de demander aux citoyens de ne pas se solidariser avec moi. Je crois que cela est très clair.

Le défunt Dr Fekhar a émis le vœu d’être enterré à Alger. Qu’en est-il ?

Nous faisons le nécessaire pour accéder à sa dernière volonté.

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