Des millions de personnes dans les rues d’Alger : le moral de Gaïd au ras des pâquerettes

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Les tentatives de Gaïd Salah d’en finir avec la contestation citoyenne s’avèrent être inopérantes. D’échec en échec, d’un ratage à un autre, le chef de l’armée collectionne les revers, mais rien ne semble atteindre son obstination à imposer son diktat. Les instructions qu’il a données aux services de répression pour barrer la route d’Alger à tout manifestant venu d’une autre wilaya, notamment de Kabylie, n’ont pas eu l’effet escompté. C’était un flop ! Les millions de citoyens qui l’ont  défié ont mis le vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah dans une posture pas très confortable.

En effet, la déferlante humaine qui a possession des rues des villes des quatre coins du pays, hier, est une réponse cinglante aux velléités « gaïdiennes » de mâter une rue bouillonnante, mais aussi déterminée à sonner le glas d’un pouvoir militaire des plus honni. La réussite des marches d’hier a mis l’homme fort du système algérien est dans un état mental pitoyable. Le moral au ras des pâquerettes.

Droit dans ses bottes dès le début du soulèvement, notamment après les tentatives des Bouteflika de le culbuter, Gaïd Salah fait feu de tout bois et avec célérité pour que la solution qu’il préconise prenne le dessus et affaiblisse, le cas échéant, ses contestataires au sein du régime. Cependant, l’assurance de Gaïd a des limites. Elle a atteint la lisière fatidique. Les centaines de milliers de personnes qui l’ont défié dans la capitale, hier, ont signé une nouvelle défaite du chef de l’armée. Face à quoi, c’est le moral du vice-ministre de la Défense qui atteint son niveau le plus bas depuis sa prise de pouvoir après la chute de Bouteflika.

Ira-t-on vers une mutinerie contre lui ? Rien n’indique que le régime persistera dans sa logique suicidaire incarnée par le chef de l’armée. Le revers qu’il a subi hier a réussi à montrer les limites d’un chef militaire porté plus sur la répression que sur l’action politique proprement dit. Ses relations douteuses avec les Emiratis, notamment, ne sont ni du goût des autres partenaires de l’Algérie et encore moins de la rue. Sera-t-il lâcher ? Des informations évoquent, néanmoins l’isolement de Gaïd au sein des cercles de décisions.

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