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Festival de la chanson amazighe, les artistes otages des calculs politiciens

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Jamais un événement culturel n’a suscité autant la polémique que la 17 éme édition du festival de chanson amazighe de Bgayet. Entre les partisans et les opposants, les artistes à l’instar d’Ali Amran, Oulahlou et bien d’autres se sont retrouvés entre les feux croisés de la critique. Les reproches, qui dans certains cas prennent des airs d’insultes, oscillent entre « la cupidité » présumée des artistes et la « contre révolution ». Un mal bien kabyle qui consiste à culpabiliser les artistes et leur faire porter le chapeau du combat politique, surtout dans le cas de la défaite.

Ce festival est utilisé par certain comme un fourre-tout politico-social pour régler leurs comptes avec les élus de l’Apc et l’Apw de Bgayet. Même si ces derniers ne sont pas exempts de reproches dus à leur gestion catastrophique de la ville, il demeure néanmoins que les opposants à ce festival ne sont pas dénués d’arrières-pensées aux antipodes de ce qu’il laissent entendre. A rappeler qu’un élu FFS, le supposé à la culture était particulièrement abjecte à l’encontre de Nadia Matoub lors du concert-hommage au rebelle le 24 juin 2019. Cet élu FFS a voulu obliger les organisateurs à donner des invitations aux élus FLN et RND de la ville. Face au refus des organisateurs d’obtempérer, il a proféré des propos obscènes à la veuve du chanteur. Cet exemple montre l’état de déliquescence des « petits élus du peuple ». Le comportement des élus et leur gestion catastrophique, jette le discrédit sur les événements qu’ils organisent et par ricochet sur les artistes participants. Même si ces derniers ne sont que des victimes expiatoires d’un système véreux.

D’autre part, quelques éléments de la cité CNS de Bgayet, amateur de la « contre révolution » tente de crée une zone de tension pour perturber la mobilisation populaire, assez forte à Bgayet. Ils agissent de concert avec certains islamistes de la mosquée d’Aamriw. Ces « ennemis de le vie » dixit Lounès Matoub, ont les poils qui s’hérissent de haine à l’encontre de tout ce qui est culturel, surtout la chanson amazighe.

Le plus surprenant dans cette histoire est le ralliement d’un célèbre prisonnier à ces détracteurs du festival. Grisé, il laisserait apparaître les résidus d’un substrat islamiste, refoulé jusque là. Il a oublié que lors du dernier même événement, son portrait était brandi pour demander sa libération. Avant de scander « Nnadhafa » (propreté), il faudrait commencer par nettoyer les têtes pour les débarrasser des réflexes liberticides.

Quand une certaine gauche reprocha au génialissime anarchiste Léo Ferré de s’être rendu à la salle de la Mutualité pour chanter au lieu d’être sur les barricades en mai 1968. Il rétorqua: « mes barricades cela fait 20 ans que je les construis. »  

Photo Nasser Yanat (DR)

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