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Grève de la faim de Dr Fekhar : Salah Dabouz explique les raisons

Salah Dabouz: "le procureur général près la cour de Ghardaïa a essayé de m'arrêter par n'importe quel moyen"
Ecrit par Hichem B

Le transfert du Dr Kameleddine Fekhar a fait réagir son avocat, Me Salah Dabouz qui a bien voulu répondre aux questions de kab-news sur cette affaire. 

Dr Fekhar a été transféré à l’hôpital pour cause de sa grève de la faim. Est-il hors du danger ?

Me Salah Dabouz : Fekhar est en danger bien entendu. Hadj Brahim Aouf aussi d’ailleurs. Ils sont à leur 29e jours de grève de la faim, J’ai envoyé un courrier au groupe de travail pour les détentions arbitraires qui avait examiné le cas de détention de Fekhar entre 2015 et 2017 ordonné par le même Mohamed Bensalem procureur général pré la cour de Ghardaïa, Le groupe de travail avait conclu dans son rapport du 27 avril 2017 que la détention de Fekhar était arbitraire et qu’il devait être mis en liberté immédiatement et qu’il ne doit plus faire objet d’arrestations pour les mêmes motifs. Le même fonctionnaire récidive et la chambre d’accusation confirme sans hésitation aucune.

Pour quelles raisons Fekhar se retrouve encore une fois en prison ? 

Pour avoir seulement dit qu’il existe à Ghardaïa une ségrégation à base raciale qui ressemble à l’apartheid. Cette arrestation et celle du syndicaliste Aouf Hadj Brahim et de Bahmed Lassaker, ma mise sous contrôle judiciaire, deux fois par semaine à 600 km de chez moi, prouvent, si besoin est, cet abus d’autorité qui cible des citoyens d’origine M’zab, car nous sommes poursuivis sur une auto-saisine du procureur général pré la cour de Ghardaïa sans qu’il y ai de plaignants. Nous avons dénoncer la tentative de faire d’autres Baba Nedjar qui croupit en prison depuis 2005 accusé à tord d’assassinat sans aucune preuve à charge. C’est sont activisme politique qui lui a valu cette accusation. La justice à Ghardaïa voulais refaire la même chose contre Idris Khiat et Noureddine Tichabet. Des choses très graves se sont passées au cours de leurs procès. Ils ont étaient condamné à 10 ans de prison ferme malgré qu’ils soient innocentes du crime principal qui est le meurtre, car la défense a réussi à apporter la preuve de leur innocence. À partir de là, nous avons dénoncé les pratiques discriminatoires de certains fonctionnaires pré la cour de Ghardaïa

Vous avez dénoncé un acharnement de la justice contre les militants mozabites, qu’est ce que vous fait dire cela?

Le Procureur général pense que le fait de dénoncer de tels pratiques constitue une violation de la loi. Je ne pense pas qu’à Ghardaïa le procureur général engage des poursuites par auto-saisine, sauf contre des mozabites et d’un autre côté, moi même je suis très connu pour mes critiques très osées contre les représentants du pouvoir du plus haut de la pyramide au plus bas de l’est à l’ouest du Nord au Sud. J’ai critiqué un bâtonnier à Oran par exemple quand je défendais des confrères sur place, j’ai critiqué le comportement de certains juges et j’avais même exigé que l’un d’eux soit changer chose qui était faite. J’ai critiqué le comportement de certains walis, chef de daïra ou P/APC ou même ministres. J’ai critiqué le comportement du Premier-ministre, j’ai demandé la convocation de Toufik et Saidani d’Ouyahia et de Sellal devant les juges j’ai dit ce que je pense de Gaid Salah je n’ai pas eu que des Réponses ou des mise aux points au pire des cas, par fois quelques interpellations pour faire peur mais jamais des poursuites et un contrôle judiciaire, deux fois par semaine et je suis le seul à être soumis à ce genre de contrôle deux fois par semaine devant la première chambre d’instruction. Apparemment, le procureur de Ghardaïa bénéficie d’une immunité qui dépasse celle de Gaïd Salah le véritable président actuellement. Je me demande vraiment d’où il peut détenir une telle force?

Face à ce mouvement que connaît le pays, qu’est ce que vous préconisiez pour mettre fin à tous ces agissements illégaux de la justice?

La révolte actuelle est dirigée contre système politique périmé car créée à la fin des années 50 avec mes mêmes réflexes et pratiques du système colonial. Cette prise de conscience collective qu’elle soit instinctif ou stimuler par un quelconque groupe reste une très bonne opportunité pour nous débarrasser de ce système qui garde encore les méthodes de gestion de la société à la (Gestapo) basé sur la propagande le mensonge la fraude la corruption tout ça sous couvert de « La raison d’État ». Il est question à présent de savoir ce qu’on veut vraiment après avoir compris ce qu’on ne veut plus et plus jamais. Pour moi le combat doit se faire globalement et localement. Je sors tous les vendredis et si je le peux pendant la semaine pour dire et avec beaucoup de plaisir « klitou lebled ya esserrakine » et « yetnahaw ga3 » et demandé même à Gaid Salah de démissionner pour l’aspect globale. Je vous rappelle que j’étais parmi les initiateurs du groupe Mouwatana. Et que nous sommes sortis à Alger, Constantine et Bejaia pour inciter le peuple à se révolter et à exiger le départ du régime actuel pour agir localement. Je pense que le wali et le Procureur général de Ghardaïa on fait en sorte que cette région soit mon champ de bataille. Et bien je le fait avec beaucoup de plaisir aussi et que le meilleur gagne. Sachant que c’est nous les meilleurs (activistes et peuple révolté )

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Hichem B