Grève des magistrats : qu’en est-il de la libération des détenus du drapeau amazigh ?

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D’aucuns s’empressaient à saluer la décision des magistrats de se lancer dans un bras de fer avec la tutelle sous prétexte que leur action visait l’indépendance de la justice. Ceux qui attendaient un sursaut de dignité de la part des magistrats devront prendre leur mal en patience. Il n’en est rien du respect du droit, et n’en sera non plus question de séparation des pouvoirs, comme fondement d’un Etat de droit.

Néanmoins, dans tout ce brouhaha médiatico-politique, seuls les détenus politique, notamment ceux du drapeau amazigh peuvent en constituent, en vérité, l’atout à ce subit retournement de situation que veulent certains magistrats, dont la grève n’est au final que l’expression d’une guerre clanique où les « intérêts » immédiats de chaque groupe doivent prévaloir sur ceux de l’autre.

Selon des indiscrétions, les juges qui ont examiné les dossiers des détenus jugés la semaine dernière, ont finalement décidé d’acquitter les prévenus. Sauf que cette décision, lourde de sens, n’est pas tout à fait innocente puisque le seul pouvoir décisionnel dans ce genre d’affaires revient aux véritables détenteurs du pouvoir.

Au regard de la loi, rien n’indique que ces jeunes manifestants sont coupables d’une quelconque « atteinte » à une supposée unité nationale bâtie sur l’exclusion. Cela étant, des juges, moins « ambitieux » pourraient, le cas échéant, répondre « au téléphone » et garder les détenus en prison.

Le chef de l’armée Ahmed Gaïd Salah s’est montré, aujourd’hui, inflexible devant la demande persistante de la rue de libérer ces innocents. Il oppose son veto sans trop s’encombrer de textes de lois et évoque même « une profanation » du drapeau national algérien par le simple fait de porter le drapeau fédéral amazigh.

La sortie de Gaïd, même si dépourvue de la plus simple réflexion politique, est, sur un autre volet, révélatrice du bras de fer au sommet où les détenus se trouvent, malgré eux, comme monnaie d’échange entre différentes factions du pouvoir, dont Gaïd se présente comme le suprême chef qui départage les belligérants.

Le maintien de ces jeunes kabyles dans les geôles du pouvoir devient très encombrante pour le régime. Sa tentative de stigmatiser la Kabylie n’a rien apportée. L »isolement de la Kabylie ne peut franchir le seuil déjà atteint, car en face, le mouvement souverainiste est prompt à récolter les dividendes d’une politique « raciste » où le Kabyle est présenté comme « un danger » à une Nation « joyeuse » si ce n’est les Kabyles trop exigeants sur les questions démocratiques.

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