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Il a succombé à ses blessures : Ramzi Yettou enterré à Blida

Enterrement de Ramzi Yetou
Ecrit par Hichem B

Le jeune Ramzi Yettou blessé le vendredi 12 avril par des policier et décédé hier a été enterré cet après-midi à Blida (LIRE L’ARTICLE). Deuxième victime des événements, mais il est la première victime directe de la répression des manifestants, Ramzi est âgé de 23 ans et originaire de Blida.

Nous reprenons un texte de Ghania Mouffok en hommage au martyrs  

Aujourd’hui, 20 avril 2019, dans cette terre généreuse de la Mitidja, entre vigne, orangers et pêchers en fleurs, Ramzi Yettou, 23 ans a été enterré. A peine sa mère a-t-elle eu le temps de lui dire adieu qu’il lui était enlevé dans une cohue douloureuse au bord de la folie. 

Sa famille, nombreuse, ses tantes, ses cousines et ses voisines étaient là pour témoigner de combien il était aimé, toutes défaites par cette disparition qui laissera des traces au plus profond de ce qui ne peut être juste. « La mort est celle de Dieu, disent-elles ; mais pourquoi l’ont-ils frappé pour le tuer ? ».

C’est avec une peine réprimée que les garçons, des dizaines et des dizaines, en voisins, en cousins, en amis se sont saisis du défunt dans une rage qui fit trembler le corps de Ramzi, si présent, si pesant. Tous veulent l’emporter dans la promesse que justice lui sera faite sur terre ; dans l’attente de Celle de Dieu. « Mettez le drapeau », se souviennent-ils, sur le martyrisé et “Chahid wadjib el watan, el djazaïri Yettou Ramzi”- a écrit une main de deuil ; Pour le martyr de la patrie, l’Algérien Yettou Ramzi.

La demeure du défunt au cœur de la Mitidja (Ph de l’auteure)

C’est en suivant l’emblème national que l’on retrouve son domicile, et le premier drapeau en signe d’accueil porte le portrait du Che imprimé. Le Che assassiné au coeur de la Mitidja.
Yettou Ramzi est mort de coups portés dans une violence faite pour tuer par des hommes en uniformes bleus. Quels qu’ils soient, les auteurs de ce crime ne peuvent rester impunis.

Nous étions cinq femmes, ni d’ici, ni d’ailleurs, venues leur dire qu’ils n’étaient pas seuls dans ce deuil aujourd’hui ; comme hier nous n’étions pas seules dans la joie de marcher.

Avons-nous menti quand nous avons dit à ses jeunes cousines, à ses tantes, à sa mère et à ses sœurs qui nous ont accueillies – comme si elles nous attendaient- que : tout « le peuple » le pleurait ?
Qu’il partageait leur digne colère, leur douleur et leur combat pour la vérité sur ce qui s’appelle un assassinat : « ils l’ont frappé, frappé et quand un groupe s’arrêtait, un autre recommençait » ?

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Hichem B