Kabylie : catastrophe écologique à Tizi-Ouzou

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L’écosystème est en danger en Kabylie. Cet ensemble de communautés d’êtres vivants en interrelation avec l’environnement de la région est en péril. Ses composants qui forment depuis des siècles un dense réseau de maintien de la vie sont menacés. Après les feux de forêts qui ont détruit plus de la moitié du patrimoine forestier, les criminels passent à la vitesse supérieure et polluent, désormais, les barrages d’eau et les retenues collinaires.  La preuve, en est la mort de tous les poissons des deux barrages, à savoir Taksebt et ceux du barrage situé au village Agueni-Ouzaraz, dans la commune des At Ouaguenoune. qu’en est-il réellement ? Qui en est responsable? Le moins que l’on puisse dire, la catastrophe qui a touché ces deux barrages ne peut être l’oeuvre de citoyens.

Il est presque impossible pour un citoyen d’agir ainsi sur deux lieux différents pour commettre le forfait. Partant de ce constat, tout porte à croire que la responsabilité incombe, en premier lieu, aux gestionnaires du secteur dans le département de Tizi-Ouzou. L’information ne pouvait pas ne pas susciter des interrogations sur la main qui se cache derrière cette catastrophe et encore moins sur les raisons de ce crime. Hier lundi, l’agence de presse officielle (APS) a fait parler les responsables des secteurs concernés, à savoir l’hydraulique et les ressources halieutiques. Mais sur place, et au sein même de ces deux directions, certains évoquent « un surdosage » en matières chimiques qui aurait provoqué cette catastrophe. On a évoqué un taux très élevé de chlore, de iode … « D’après le directeur des ressources en eaux, Mokrane Djouder, la cause de cette catastrophe est le taux très élevé d’iode dans l’eau du barrage », a rapporté la Radio locale. Sauf que les autres responsables qui se sont confiés à l’APS mettent le doigt accusateur en direction du citoyen.

« Les rejets d’eaux usées dans la cuvette du barrage de Taksebt, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, sont à l’origine de la mort de poissons enregistrée depuis une vingtaine de jours au niveau de cet ouvrage hydraulique, selon les conclusions des analyses d’un laboratoire national, a-t-on appris mardi du directeur local de la pêche et des ressources halieutiques, Belaid Abdelhafid », a écrit l’APS. « Les résultats des analyses effectuées par le laboratoire national d’analyse et de contrôle des produits de la pêche et de l’aquaculture et de la salubrité du milieu de Ain Bénian, sur des échantillons de poissons morts et de l’eau du barrage prélevés sur la zone infectée, ont révélé une forte concentration d’eaux usées », a indiqué M. Belaid, repris par l’APS. Ce responsable a accusé, sans ménagement, les villages « en amont du barrage » dont « les eaux usées contiennent de la matière organique ont causé une prolifération impressionnante de micro-algues ».

Il a tout de même pris la peine d’expliquer comment ces micro-algues peuvent tuer autant de poisson. « Ces micros algues ont consommé presque tout l’oxygène qui se trouve dans l’eau au niveau du site concerné par le phénomène de mortalité ce qui a causé la mort de la brème, le poisson étant mort par eutrophisation (asphyxie d’un écosystème aquatique due à une prolifération d’algue qui consomment tout l’oxygène) », a-t-il expliqué. « Lors d’un déplacement in situ, dimanche dernier, avec une commission mixte composée des directeurs locaux de la pêche et des ressources halieutiques, des services agricoles et des ressources en eau, une couleur verdâtre de l’eau a été relevée par ces responsables qui ont soupçonné alors une mort par eutrophisation », conclut l’APS. Cependant, une question mérite d’être posée. Si « les micro-algues » provoquées par « les eaux usées en provenance des villages en amont du barrages » de Taksebt ont provoqué cette catastrophe, comment expliquent-ils l’apparition du même phénomène dans un autre barrage loin d’une dizaine de kilomètres du premier ?

Il est aussi opportun de s’interroger sur le fait que les autorités réalisent à coup de milliards des barrages, mais ne prennent pas « d’assurer » leur propreté en amont? Qui est cette autorité qui accepterait que l’on verse les eaux usées dans des barrages d’eau? Les conclusion de l’enquête qui sera probablement menée sont connues d’avance. Mais le crime commis est là et les responsables seront démasqués un jour, si….

 

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