Kabylie et les présidentielles: les non-dits du RPK

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Les animateurs du Rassemblement pour la Kabylie (RPK) réunis, le 23 du mois en cours, ont clarifié la position de leur mouvement vis-à-vis des élections présidentielles du 18 avril prochain. Dans leur déclaration, transpire comme une envie de ce mouvement de soutenir un des candidats en lice pour la magistrature suprême. Par tournures de phrases bien calibrées, ils procèdent par élimination: un niet catégorique au cinquième mandat et un rejet du système. Ainsi par messages sibyllins, les animateurs de ce mouvement considèrent que « maintenant que la tendance vers la rupture avec le système se dessine », le RPK « tient à rappeler pour que le changement soit réel et profond il importe d’aller vers un nouveau contrat d’unité nationale, en reprenant dans le fond et la forme, l’esprit du Congrès de la Soummam ».

C’est exactement ce que le général major Ali Ghediri, candidat à la candidature a suggéré dans sa déclaration de candidature. Les non-dits du RPK sur son probable prochain alignement derrière le candidat Ghediri ne s’arrêtent pas en si bon chemin puisque ce mouvement laisse la porte ouverte « au marchandages » de son soutien. Les animateurs du RPK prennent le soin de préciser qu’il importe pour eux «  de revisiter la nation algérienne dans sa réalité multiculturelle en lui associant une refondation profonde de l’État ».

Plus loin encore, le RPK estime que « la construction d’un État moderne et démocratique, d’une nation multiculturelle, ne peut se réaliser que sur la base d’un partage du pouvoir entre les composantes de la nation et d’un pouvoir fédérateur et régulateur ». Ce qui est, souligne le communiqué, « la question centrale » que le RPK « jugera de la pertinence des programmes mis en avant par les candidats à la présidentielle » et « c’est elle qui déterminera sa position par rapport aux candidats en lice après leur validation par le conseil constitutionnel ». Donc, sans trancher d’une manière franche dans le vif, le RPK temporise avant d’annoncer le nom du concurrent derrière lequel il se mettra lors du scrutin présidentiel.

Cette sortie, qui est loin d’être un mystère, est surtout dictée par « la relation », très proche qu’entretiennent certains de ses animateurs avec des personnalités politiques de la région. Il n’est un secret pour personne que l’adhésion de Mokrane Ait Larbi au projet d’Ali Ghediri allait, de facto, susciter celles d’un ancien cadre du MAK et ex co-démissionnaires du RCD, actuellement animateur du RPK.

L’annonce probable du soutien du RPK à la candidature d’Ali Ghediri ne saura pas et sans nul doute, du goût de l’ancien chef du RCD, Saïd Sadi. Lui qui a validé la déclaration de naissance de ce mouvement pour des fins que tout le monde aura devinées.

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