Kabylie : leçon d’une élection algérienne

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Abdelmadjid Tebboune, ancien ministre de Bouteflika est élu ou désigné président. Le Conseil constitutionnel vient juste de confirmer les résultats donnés par Mohamed Charfi, président de l’autorité dite indépendante d’organisation des élections. Indépendamment du scrutin décidé par l’état-major de l’armée, un fait a tout de même marqué l’opération de vote.

Il s’agit de la position de la Kabylie vis-à-vis de cette élection avant, pendant et après le scrutin. La région s’est distinguée par un boycott massif et actif de l’élection considérée, outre mesure, par le rue algérienne comme une énième tromperie et un coup de force qu’il faudra à tout prix, empêcher.

Toutefois, face au serment de la rue de faire échec à l’élection « d’El Issabate », seule la Kabylie a tenu parole. Son engagement à bouder l’urne a été mené jusqu’à la fin de la mission. Même si, les risques de répression sont omniprésents et il y en a eu des tentatives auxquelles la rue kabyle a répondu par son pacifisme, sa maturité et sa clairvoyance.

Il n’est un secret pour aucun kabyle. Le vote s’est déroulé dans de très bonnes conditions en dehors des limites géographiques de la région. Les procès-verbaux de l’élection dans les wilayas du pays en dehors de la Kabylie en sont la preuves. A Tubiret, seule la partie kabyle du département a boudé les urnes. Les autres régions ont bel et bien participé à l’opération.

Cet état de fait ne peut être expliqué par une tradition d’activisme politique en Kabylie, puisque le fameux « Hirak » mobilise, en toute vraisemblance, tout le pays et le mot d’ordre de rejet des élections a été largement et unanimement porté par la rue algérienne depuis plusieurs semaines.

La Kabylie qui s’est distinguée encore une fois par la sincérité de son engagement, la conforte dans sa posture de leader, certes, mais la distingue des autres. La Kabylie sait ce qu’elle veut. Elle l’exprime par des actions politiques, comme elle l’avait fait durant la grève dite nationale de quatre jours avant le 12 décembre.

Ce message est reçu. Il doit être compris, en premier chef, par la rue algérienne. Car, la Kabylie ne veut plus se laisser traîner dans des approximations suicidaires. La chance, ou plutôt l’ultime chance est donnée pour l’Algérie. Demain, elle fera « sa révolution des larmes », sans la Kabylie.

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