Kabylie : sempiternelle victime de la mise a l’écart économique

77

La Kabylie souffre de la mise a l’écart économique. C’est un constat que d’aucuns ne pourront ignorer. Ce « phénomène » expliqué, faussement, par la rareté du foncier.  Ce qui justifie l’exode des investisseurs vers d’autres régions. A Tizi-Ouzou, la direction de l’industrie rend publics des chiffres éloquents qui illustrent le retard en matière d’investissement dans cette région de la Kabylie. Il est souligné ainsi que sur les 1 469 dossiers d’investissements déposés depuis 2011, seuls 17 projets ont fini par entrer en activité, et ce depuis quelques mois. Sur ce chiffre global de projets proposés, seuls 963 ont été retenus. C’est à dire 65 % des projets sont écartés par l’administration. Sur les 963 projets qui ont échappé à la première phase « éliminatoire, » 251 ont été ajournés pour une raison ou une autre. C’est à dire 25%. Sur les 712 projets restants, il n’y a eu que la moitié, c’est à dire, 362 dossiers qui ont été classés comme étant des « projets vivants ». Au final, il ne reste que 44 qui sont rentrés dans la phase de réalisation, dont 17 sont en activité, soit moins de 1% des projets soumis à l’investissement. L’administration de l’État Algérien a bien beau vouloir expliquer cette situation par la rareté voir l’absence de foncier industriel. Cependant, le commun des citoyens sait que les raisons de ces blocage sont tout d’abord d’ordre politique. L’Etat central a toujours freiné toutes initiative économique en pays kabyle. Seules les départements de la Kabylie connaissent un taux de recouvrement fiscal avoisinant les 98%. Contrairement aux autres départements, les organismes de l’État sont instruits pour dissuader bureaucratiquement les investisseurs. Certains de ces derniers ayant pu échapper aux mailles du filet de la bureaucratie sont victimes de menaces à peine voilées, de kidnappings et d’assassinats ou d’emprisonnement. Le sabotage économique de la Kabylie n’est surtout pas une vue d’esprit ou un tremplin pour une quelconque propagande politico-médiatique, mais elle reste une constante chez le pouvoir algérien. En 20 ans de règne, aucun projet structurant n’est réalisé en Kabylie. Même le projet budgétivore, appelé pompeusement « le projet du siècle » à savoir l’autoroute est-ouest a « dévié » d’une manière miraculeuse la Kabylie. Même le département de Bgayet, pourtant riche en potentialités économiques tous azimuts n’a été gratifié par les « engins » du projet du siècle sous Bouteflika. C’est vers la fin des années 70 que l’Etat central s’est engagé dans la voie de la paupérisation de la Kabylie. a-t-il réussi ? Rien n’indique le contraire, mais rien n’indique aussi sa réussite!

Comments
Loading...