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Koukou éditions boycotte le Maghreb des livres de Paris

Koukou éditions boycotte le Maghreb des livres de Paris
Ecrit par Boukhelifa Zahir

Dans un communiqué diffusé sur sur les réseaux sociaux, les éditions Koukou ont annoncé le boycott du salon du livre parisien, rebaptisé cette année « Maghreb-Orient des livres ». Alors que la salon n’a pas encore clos ses portes, le directeur de Koukou-éditions, le journaliste Arezki Aït Larbi, a expliqué cette absence par « une inexplicable hostilité » et « un traitement humiliant » affichés par les organisateurs de l’événement à l’égard de sa société et des auteurs qu’elle produit. On peut lire dans le communiqué plusieurs entraves causées aux auteurs qui par le passé ont participé à cette manifestation littéraire.

Organisé en partenariat avec Berbère Télévision et le ville de Paris, il est hasardeux à l’heure actuelle de désigner les coupables qui se cachent derrière les entraves faites à cette maison d’édition qui ose sortir des sentiers battus et propose à ses lecteurs des ouvrages avec une réelle valeur littéraire ajoutée.

Daté du 06 février, le communiqué n’est diffusé qu’aujourd’hui dernier jour du salon. C’est sans doute pour ne pas donner l’impression de profiter de la polémique pour se payer une publicité gratuite sur le dos des organisateurs.

 

 

Communiqué dans son intégralité:

KOUKOU Editions boycotte le Maghreb des livres

Pour la troisième fois, le Maghreb des livres, prévu les 8, 9 et 10 février à l’Hôtel de ville de Paris, manifeste une inexplicable hostilité à l’égard de KOUKOU Editions par le traitement humiliant infligé à ses auteurs.
En 2016, Zoulikha BEKADDOUR, auteure de « Ils ont trahi notre combat », a été invitée, avant de se voir refuser la prise en charge au prétexte qu’elle n’aurait pas répondu dans les délais au courrier des organisateurs ; elle acceptera toutefois de rencontrer ses lecteurs parisiens et de dédicacer son livre.
Le même traitement a été réservé, en 2018, à Tarik KHIDER, auteur de « L’affaire Khider, un crime d’Etat impuni ». Après intervention d’une responsable du salon qui reconnait de « regrettables dysfonctionnements dans l’organisation », M. Khider accepte de signer son ouvrage malgré son omission dans le programme rendu public.
Cette année, et après échange de messages (par mail et Messenger) avec les organisateurs, 3 auteurs ont été retenus:
1- Karima LAZALI, psychanalyste, auteure de « Le trauma colonial… », également édité en France par La Découverte. Conformément au règlement du salon, il a été convenu, entre l’organisateur et KOUKOU Editions, que c’est l’édition française qui allait être proposée à exposition-vente.
2- Hadjira OUBACHIR, poétesse, auteure de la tragédie musicale « Uzzu n tayri / Les genêts de l’amour » (kabyle/français).
3- Mohamed MEBTOUL, anthropologue (université d’Oran), auteur de  » Algérie, citoyenneté impossible?  »
En décembre dernier, KOUKOU Editions est informée que « faute de moyens, seule Mme Hadjira OUBACHIR sera invitée ».
A 15 jours du Maghreb des livres, KOUKOU Editions est informé que l’invitation de Hadjira OUBACHIR est annulée, faute de réponse dans les délais au mail de l’organisateur ; un mail qu’elle n’a, par ailleurs, jamais reçu ! Toutefois, m’informe mon interlocutrice, même si ces auteurs ne sont pas mentionnés dans le programme officiel du salon, leurs ouvrages seront admis à l’exposition-vente.
Ce traitement bien singulier, est trop répétitif pour être le fait du hasard. Aussi, et par respect pour ses auteurs, KOUKOU Editions décide de boycotter le Maghreb des livres et de retirer leurs ouvrages de l’exposition-vente.

Alger, le 06 février 2019
Arezki AÏT-LARBI (Directeur)

A propos de l'auteur

Boukhelifa Zahir