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La famille Fekhar dépose plainte : entretien avec Me Salah Dabouz

Salah Dabouz: "le procureur général près la cour de Ghardaïa a essayé de m'arrêter par n'importe quel moyen"
Ecrit par Hichem B

Dans cet entretien, Me Salah Dabouz revient sur la plainte déposée par la famille du défunt Dr Fekhar contre des responsables au niveau de la wilaya de Ghardaïa. Il explique les accusations portées contre ces responsables et rappelle comment la mort du Dr Fekhar a été programmée par ces mêmes responsables qui bénéficient, selon lui, de l’impunité.

La famille du défunt Dr Fekhar a déposé plainte contre certains responsables à Ghardaïa. De qui et de quoi s’agit-il ?

Il s’agit de plainte contre cinq personnes, comme point de départ. Il s’agit du wali de Ghardaïa, Azzedine Mechri, le procureur général près la cour de Ghardaïa, Mohamed Bensalem, ainsi que le juge d’instruction de la première chambre du tribunal de la ville, le directeur de la prison de Ghardaïa et le directeur de l’hôpital Brahim Tirichine qui sont les premiers responsables de la mort programmée du Dr Kamaleddine Fekhar. Bien entendu l’instruction va certainement dévoiler d’autres personnes. Les accusations sont : allégation et imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de personnes, acte arbitraire ou attentatoire, soit à la liberté individuelle, soit aux droits civiques d’un ou plusieurs citoyens et non-assistance à personne en danger.

Les autorités de Ghardaïa

D’aucuns accusent le wali et le procureur général d’être derrière, du moins, la mise en détention du Dr Fekhar, selon vous, leur décision a-t-elle été prise uniquement au niveau de Ghardaïa ?

Le wali Azzedine Mechri et le procureur général Mohamed Bensalem sont arrivé à Ghardaïa en 2014 en plein crise sécuritaire, ils étaient chargés d’agir par une politique répressive en violation des lois et de cibler les activistes politique de la mouvance démocratique et des droits humains à leur tête Dr Kamaleddine Fekhar pour éradiquer toutes formes de résistance pouvant gêner les pouvoirs publics dans leur politique de contrôle de la société et de son façonnage selon le modèle décidé par certains cercles de lobbying à partir d’Alger et donc ils bénéficiaient d’une très large couverture et même d’une très forte assistance qui avait impliquée les services de sécurité et même l’armée. Mais après le 22 février, les pouvoir centraux n’étant plus en mesure de suivre l’application de telles plans, ces deux responsables naviguent à vue selon la même politique mais sans couverture ni assistance, ce qui fait qu’ils s’enfoncent de plus en plus et commettent de plus en plus de fautes qui sont allées jusqu’à commettre des crimes programmés comme ce fut le cas de Fekhar. Bien entendu, il s’agit d’une analyse de situation et non d’informations précises. Il va falloir maintenant que la justice agisse pour illuminer toutes les zones d’ombre qui peuvent exister. Une chose est certaine; Kameleddine Fekhar était en très bonne santé l’ors de son arrestation, les faits qui lui sont reprochés ne justifient pas son arrestation, les gens contre qui sa famille a déposé plainte ont tous montré leur rancune contre lui, soit par des déclarations soit par leur actes contraires à la loi jusqu’à ce que mort s’en ai suivie. Exactement le contraire de leur mission.

Cette affaire risque-t-elle d’avoir des ramifications encore plus longues et plus profondes, notamment avec les autorités centrales ?

Cette affaire risque en effet d’avoir des ramifications pour deux raisons. 1- nous considérons la liquidation de Kameleddine Fekhar comme un crime d’Etat dans la mesure que tout a été entrepris par des fonctionnaires au sein d’institutions de l’Etat, en usant des lois de la république. 2- Le dossier Kameleddine Fekhar est un dossier traité par les instances Onusiennes une première fois qui avait fait objet d’un avis portant le numéro 34/2017 concluant en premier lieu que son arrestation du 9/7/2015 était une arrestation arbitraire et demandant au gouvernement de normaliser sa situation et de lui apporter des garanties de non répétition pour les mêmes motifs. Les autorités onusiennes sont donc impliquées dans ce dossier et doivent obligatoirement comprendre pourquoi il y a récidive. Nous devons donc tous comprendre pourquoi Mechri et Bensalem bénéficient de cette immunité qui les couvre même en cas de crime.

La justice telle qu’on la connait n’a jamais réagi en fonction des lois et de la réglementation, va-t-elle le faire dorénavant ?

Ne nous  attendons pas à ce que la justice déroge à ses mauvaises habitudes bien entendu, mais nous sommes obligé d’épuiser toutes les voies de recours pour pouvoir exploiter d’autres pistes. Nous sommes très certainement devant un cas de justice de vengeance ( soumettre un avocat à un contrôle judiciaire 3 fois par semaine et à 600 km et refuser de lever cette mesure après un mois et refuser à Fekhar une libération malgré la dégradation de son état de santé jusqu’à ce que la mort s’en suit n’a aucune explication logique que la vengeance). En plus du déni de justice, car dans cette affaire aucune plainte déposée par Fekhar ou par moi-même et même les demandes d’auditions de témoins n’ont reçu un avis favorable. Donc nos actions et demandes vont nous servir de preuves de mauvaise foi et la mort de Fekhar et ce que nous subissons Aouf et moi et d’autres serviront de faits très graves résultants de ces pratiques.

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Hichem B