Le conflit Sadi-Mohcin atteint la base : Les militants du RCD s’entre-déchirent 

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Le conflit qui oppose l’ancien président du RCD Saïd Sadi avec l’actuel chef de file du parti Mohcin Belabbès est loin d’être un simple réaménagement au sein des structures du parti. Dissimulé pendant plusieurs semaines, les rivalités deviennent subitement publiques et opposent, désormais, deux clans au sein du parti. L’aile restée fidèle à Sadi ne lâche pas prise. Elle compte « écraser » les proches de Mohcin, avant même la tenue du congrès du parti.

Le conflit pouvait bien passer inaperçu, tant les exclusions décidées par Mohcin au sein de l’exécutif relevaient, bien entendu, de ses prérogatives. Toutefois, les personnes ciblées par la décision ne laissent aucun doute sur les visées du président du RCD. Affaiblir son rival, Saïd Sadi, passe, en premier lieu, par éloigner ses poulains au sein de l’exécutif. Mais la tâche entreprise par Mohcin Belabbès ne semble pas être de tout repos.

Les fidèles de Saïd Sadi ont d’ores et déjà lancé la réplique. Une collecte de signatures pour exiger un congrès extraordinaire du parti est lancée. Selon des indiscrétions, plusieurs membres de l’exécutif ont donné leur aval pour un congrès avant l’heure. Mais face à tout ce brouhaha qui anime le parti, ce sont plutôt les non-dits qui méritent d’être explicités.

Les fidèles de Saïd Sadi ne sont animés que par la volonté de maintenir Belabbès sous l’aile de l’ancien président qui est, en réalité, le seul décideur au sein du parti. C’est l’envie de Mohcin de se libérer de la main basse de Sadi sur le parti qui a alimenté la crise. Autrement dit, Sadi n’aurait jamais admis qu’un jeune militant lui tiendra tête et contestera sa gestion du parti.

L’envie de Mohcin de s’affranchir de l’omnipotence de Sadi date de la dernière élection législative, où la liste du parti à Tizi-Ouzou a été négociée par Saïd Sadi, sans même informer Mohcin qui n’avait fait que valider le choix de l’ancien président. La liste faite par Sadi s’était basée sur les quelques militants qui ont pris sa défense face à Noureddine Ait Hamouda, alors en disgrâce avec Sadi. Le silence de Mohcin était perçu comme une faiblesse, mais l’accélération des événements dans le pays allait redonner confiance à Belabbès pour tenter d’abattre Sadi.

La première tentative est son opposition à changer le nom du parti. Mohcin avait déjà lancé RCD-jeunesse et RCD-femmes pour peser dans la décision. Sadi étant pris par d’autres « affaires », Mohcin profite de cette absence pour lui asséner des coups. En plein conseil national, Mohcin critique sévèrement les sorties publiques de l’ancien président.

Mais face à toute cette montée d’adrénaline au sein de la base, le conflit est alimenté par des raisons encore plus étrangères au parti que ce que les militants pensent détenir comme arguments les uns contre les autres. La scène politique étant animée par des initiatives aussi contradictoires les unes les autres. Les attaques et les insultent sont étalées sur les réseaux sociaux. C’est en effet, les repositionnements des uns et des autres qui animent réellement ce genre de conflits. Nous y reviendrons.

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