« L’ennemi est parmi nous »: Par Djamel Zenati

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Djamel Zenati ne cesse depuis quelques jours de rendre public ses lectures et ses analyses sur la situation du pays. Nous publions intégralement le texte.

 

L’ennemi est parmi nous, par Djamel Zenati 

En visite aujourd’hui à l’académie de Cherchel, le vice-ministre de la défense, Gaid Salah, a déclaré : « Certaines parties sont dérangées de voir l’Algérie sûre et stable. Elles veulent que l’Algérie revienne aux années difficiles durant lesquelles le peuple a payé un lourd tribut »

Toujours le spectre de l’ennemi et la théorie du complot. Des clichés usés tellement ils ont servis à justifier les pires options.
Oui, l’Algérie est menacée dans sa stabilité. Sur ce point le vice-ministre de la défense a raison. Seulement, il ne faut pas s’arrêter au constat. Il faut aller au-delà et identifier ces menaces et leurs auteurs.

Au moment même où le vice-ministre tenait ces propos, des millions d’algériens étaient dans la rue pour exiger pacifiquement le départ du système. On ne peut à la fois ignorer la demande populaire et brandir le spectre de l’instabilité.

La menace ne vient pas de la société. Elle vient de ceux qui veulent à tout prix maintenir par la force un système insensé et dépassé. Les ennemis de l’Algérie sont ceux qui mettent leur entêtement et leur intransigeance au-dessus de la volonté du peuple.

La société dans son ensemble ne veut nullement d’un retour à la décennie sanglante. Bien au contraire, elle s’insurge justement contre les responsables de cette tragédie. La société a pour sa part tiré les enseignements de ce passé douloureux. C’est le pouvoir qui semble ne pas l’avoir fait. Il est même sur le point de refaire les mêmes erreurs, les mêmes fautes. Son entêtement et son intransigeance le prouvent. Seulement, l’histoire ne risque pas de se répéter car le contexte a fondamentalement changé.

L’un des grands points faibles des décideurs est de ne pas avoir saisi le sens profond de ce moment historique. Le peuple algérien est décidé à reprendre son destin en main. Rien ne saurait l’en empêcher.

Comme notre armée, le mouvement de contestation est national et populaire. L’institution militaire jouit toujours d’un grand respect dans l’opinion. Aussi, elle ne peut aller à l’encontre de la demande populaire.

L’Algérie c’est avant tout un peuple, une histoire et un espoir. C’est accessoirement un territoire ou un pouvoir.
La sécurité du pays exige d’agir vite. L’institution militaire doit favoriser l’ouverture immédiate d’un dialogue avec comme unique objectif la définition des modalités concrètes de départ du système.

Le peuple est dans la rue. Le monde nous regarde. Soyons dignes et retrouvons ensemble la fierté d’être algériens.

D. Z

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