Limogeage du patron de la sécurité intérieure, le général Wassini Bouaza : le guerre des clans fait rage

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Le général Ouassini Bouazza a été limogé de son poste de directeur général de la sécurité intérieure (DGSI), une branche des services secrets algériens. Il est remplacé dans le même poste par  Abdelghani Rachdi. Ce dernier a été installé illico presto, mais en qualité de directeur général par intérim. Selon le ministère de la Défense nationale, la cérémonie a été présidée par le général-major Saïd Chanegriha, Chef d’état-major de l’ANP par intérim.

Le limogeage de Ouassini Bouaza de la tête de la DGSI n’est pas un fait anodin. D’abord, le concerné a tenté de résister et de s’opposer à la décision de son limogeage. Des sources évoquent que le concerné a chargé sa garde de tirer sur les éléments de la Direction centrale de la sécurité de l’armée ( DCSA) qui sont venus au siège de la DGSI à Ben Aknoun lui signifier sa fin de mission. Les mêmes sources parlent d’échange de tirs entre les deux clans, avant que Ouassini ne prenne la fuite. Il sera appréhendé quelques heures après sa fuite.

Ce limogeage n’est pas aussi un fait anodin, car Ouassini Bouaza est l’un des derniers « vestiges » du règne des Bouteflika. Originaire de Tlemcen, Ouassini Bouaza a été promu général par Saïd Bouteflika. Au service des Bouteflika durant des années, Ouassini Bouaza a tenté une volte-face réussi pour s’approcher de Gaïd Salah. Connu pour être un homme intriguant et comploteur, Ouassini Bouaza a mis sur pied un réseau, notamment sur internet, pour traquer tout militant. Les sites d’informations bloqués à l’accès en Algérie est l’oeuvre de ses services.

A ajouter également que le général Ouassini est connu pour sa proximité avec l’actuel ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati. Ce dernier pourrait aussi faire les frais du départ de son protecteur. Des sources soulignent que le duo Ouassini-Zeghmati sont les concepteurs, sous la houlette de Gaïd Salah, de toutes les campagnes de répression qui visaient et qui visent les animateur du mouvement populaire, notamment en Kabylie.

Le départ forcé de Ouassini Bouaza de la tête de la DGSI n’est pas forcément une « bouffée » d’oxygène pour le citoyen, mais une chose est certaine, c’est dans son bureau que « l’opération zéro kabyle » a été pensée et mise en oeuvre. Son successeur tiendra-t-il compte du legs de Ouassini Bouaza pour changer de trajectoire à des services secrets qui régent en maître dans un pays ravagé par la guerre des clans?

Ce qui est certain, c’est que le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune ne compte que pour du beurre au sein d’un système militarisé et qui ne compte pas changer de nature.

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