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Madjid Aknouche, le chef de sûreté avec plein de « cadavres » au placard

Ecrit par Boukhelifa Zahir

Pour comprendre les visées réelles des services de sécurité en Kabylie, nous nous sommes intéressés au parcours du premier flic de la ville des Genêts, alias Aknouche Madjid, actuel chef de sûreté de Tizi-Ouzou. Il est le premier responsable des violences commises à l’encontre des indépendantistes kabyles du 14 juin 2019 devant l’université de Hasnaoua.

Originaire de Ouaguennoun, Madjid Aknounche était inspecteur de la police judiciaire à la nouvelle ville de Tizi-Ouzou. Suite aux événements du printemps noir de Kabylie et le départ de la gendarmerie de tout le territoire kabyle. Il a développé un business florissant de racket des tenanciers de débits de boissons et la « protection » des bars clandestins et des hôtels de passe de la région. Le prix à payer s’élevait des fois jusqu’à 300 000 dinars, payable en cash. Parmi ses clients figurait l’hôtel du Nord-est, le bar le Fédéral et la vieille marmite…etc.

Il avait établi son quartier général au cabaret, « le pont de bougie », dont il entretien de bonnes relations avec son gérant. Pour le seconder dans ce trafic, il pouvait compter sur un certain Mourad Abizar qui était son rabatteur. Ce dernier est condamné à sept ans de prison dans une affaire de trafic d’armes.

L’ancien chef de la Police judiciaire, Boutamina couvrait ses activités illégales en contrepartie d’une bonne commission. A la fin de mission de ce dernier, il l’aide à reprendre sa place en contre partie d’une grosse somme d’argent. Mais cet investissement s’avère très fructueux, puisque il sera nommé directeur de sûreté de Skikda avec les « honneurs ».

Son rappel en Kabylie qui coïncide avec la nomination de l’ex Wali de Ghardaïa à Tizi-Ouzou. La répression du 14 juin est un signe lancé en direction de ce dernier pour lui annoncer sa totale disposition à reproduire le scénario mozabite en Kabylie.

Pour s’assurer la main-mise sur la police et la gendarmerie, des hommes clefs sont triés sur le volet pour occuper les plus hauts postes hiérarchiques. L’épisode de Moussa Bellabes, ex chef de sûreté de Tizi-Ouzou  entre 2011 et 2013 est le plus révélateur des pratiques en matière de sécurité en Kabylie. Relevé de ses fonctions le 08 octobre 2013, par le général Gaïd Salah, parce qu’il a avait le cran de nettoyer la ville de Tizi-Ouzou de la racaille et des petits caïds qui infestaient la vie quotidienne des habitants. Preuve ultime que pour le pouvoir algérien, les fonctionnaires des services de sécurité ne sont pas là pour maintenir l’ordre public, mais pour entretenir les milieux de la délinquances. Ces voyous sont les alliés indispensables pour déstabiliser la Kabylie.

La preuve est faite quelques mois plus tard en avril 2014, la manifestation du MAK est réprimée dans le sang. Les images de jeunes à moitié dénudés et traînés à même le bitume avaient choquées l’opinion kabyle, sans susciter aucune réaction des pouvoirs publics.

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Boukhelifa Zahir