Maintien des députés dits de l’opposition à l’APN : quand Mohcin Belabbès se fait hara-kiri

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Le président du RCD s’est exprimé, finalement sur maintien des députés de son parti à l’Assemblée nationale. Dans un entretien au quotidien arabophone El Khabar, le chef du RCD a souligné qu’en mars dernier, « une information de la présidence disait que des députés de l’opposition allaient quitter l’Hémicycle pour provoquer sa dissolution ».

Mohcin Belabbès, également député d’Alger, a ajouté que « ceux qui tenté cette opération travaillaient pour le compte du clan présidentiel, à savoir les Bouteflika ». La révélation du président du RCD est « importante », tant et qu’elle éclaire, un tant soi peu, cette zone d’ombre qui est celle du retrait des députés de de l’APN. Surtout que la rue en ébullition depuis 11 mois l’a réclamé.

Sauf que le chef du RCD s’est réellement fait hara-kiri avec cette déclaration qu’il a conçu comme une preuve irréfutable du maintien des députés du RCD et du FFS, principales forces dites d’opposition à l’APN. Mohcin Belabbès, e,n indiquant que l’idée de quitter l’APN  servirait le clan de Bouteflika a oublié qu’en face de ce clan, un autre agissait pour affaiblir le premier. Ce second clan n’est autre que celui de Gaïd Salah, chef d’état-major qui a pris le pouvoir après la chute de Bouteflika en avril 2019.

Ceci dit, le choix de ces partis de rester à l’APN était un soutien à la feuille de route de l’état-major de l’armée, sous la houlette de Gaïd Salah. sur ce point précis, la mise en avant d’un argument selon lequel, le maintien des députés était un acte « militant » anti-Bouteflika, enlève toute crédibilité à la démarche puisque le clan de Gaïd a utilisé le même parlement pour soutenir sa feuille de route.

Cette erreur, impardonnable pour un responsable d’un parti politique qui aspire, du moins en apparence, à renverser le régime, met à nu des pratiques que l’on croyait définitivement révolues après, notamment, la déconfiture du général Toufik, principal promoteur de la quasi-majorité des partis politiques.

Il faut noter, également, que parmi les députés démissionnaires durant cette période, à savoir mars 2019, figure des élus du FFS, Ali Laskri, en l’occurrence qui se trouve actuellement un allié du RCD au sein du Pacte de l’alternative démocratique (PAD). Idem pour les quelques députés démissionnaires du PT, dont Ramdane Taazibt et Nadia Chouitem. Khaled Tazaghart aussi avait quitté l’APN le même mois.

A noter aussi que deux députés du RCd, Yacine Aissouane et Lila Hadj-Arab ont démissionné de leur poste. Ces deux députés sont considérés comme des adversaires de Mohcine d u fait de leur proximité avec l’ancien président du parti, Saïd Sadi. Dans ce cas précis, le président du RCD accuse ces deux députés de servir un agenda autre que celui du parti.

Une question : un député du FLN, Sid Ahmed Ferroukhi en l’occurrence était le premier élu à avoir quitté l’APN. Mais il se trouve qu’aujourd’hui ce même Sid Ahmed Ferroukhi est ministre. Tebboune est-il mal informé à tel enseigne qu’il nomme un adversaire de Gaïd Salah comme ministre ?

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