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Mandat d’arrêt international d’El Gaïd contre Ferhat Mehenni, le vrai du faux

Ecrit par Boukhelifa Zahir

Une folle rumeur a circulé sur les réseaux sociaux, sur un éventuel mandat d’arrêt international qu’aurait lancé Gaïd Salah contre Ferhat Mehenni. Telle une sonde de l’opinion, cette rumeur est lancé pour d’une part jauger la réaction de la famille souverainiste quant à d’éventuelles représailles contre le président de l’Anvad en exil. Et d’autre part pour renforcer la côte de popularité du général-major, nouveau dieu-vivant du système algérien.

Dans la foulée des spectaculaires arrestations opérées par l’armée algérienne, sur instigation de la « justice militaire » sous la botte d’El Gaïd. Et dans le même sillage des accusations tout azimuts lancées contre le MAK, à l’instar de celle des islamistes suite au dégageage de Aboudjerra Soltani de la place de la république, ou celle de Naïma Salhi à Djelfa et le wali Zoukh à la Casbah d’Alger. Dans l’imaginaire du sérail algérien, accuser le MAK et les indépendantistes kabyles est du pain béni pour gagner l’opinion publique.

Sur le plan juridique la justice militaire algérienne sous l’égide du chef des armées, est tout a fait habilitée à lancer un mandat d’arrêt international. Le délit d’atteinte à l’intégrité territoriale de l’Algérie est parfaitement constitué, vue que le président de l’Avanad milite activement pour indépendance de la Kabylie. Pacifiquement ou pas, là n’est pas le sujet. Mais sur le plan politique, cette démarche apportera de l’eau au moulin Ferhat Mehenni. Être poursuivi par une justice aux ordres d’un personnage, décrit par les câbles de l’ambassade américaine comme « le plus corrompu officier supérieur d’Afrique », ne peut qu’apporter du crédit au combat de Ferhat Mehheni.

Sur le plan pratique, ce présumé mandat d’arrêt international sera nul et non avenu dans 154 Etats du monde signataires de La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. En effet comme Ferhat Mehenni bénéficie du statut de réfugié politique, accordé par  il est sous la protection d’une multitude de conventions internationales, protocoles et résolutions onusiennes relatives à la protection des réfugies. Les seuls pays qui risquent de l’appliquer sont les pays du Golfe persique et certains pays tiers-mondistes dans lesquels le leader indépendantiste ne se rendra jamais.

Même si la délicatesse et la finesse d’esprit ne sont pas les qualités premières de Gaïd Salah, ses conseillers doivent le dissuader de s’engager dans une entreprise aux lendemains incertains.

 

 

 

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Boukhelifa Zahir