Marche hebdomadaire des étudiants à Alger : quand Ferhat Mehenni inspire les slogans

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Lors de la marche du mardi dernier, le nom de Ferhat Mehenni était omniprésent. A Alger, les manifestants n’ont pas cessé de réclamer son droit à entrer au pays sans risque. « Laissez Ferhat Mehenni entrer au pays », criaient en effet des centaines d’étudiants qui ont pris part )à la manifestation dans les rues d’Alger.

Cet appel des étudiants aux autorités pour respecter le droit de tout un chacun à la parole sonne comme une première, tant le mouvement qui anime les rues algériennes depuis bientôt un an tend à s’attaquer à toute voix discordante, notamment celle qui « hésitent » à donner un chèque à blanc à un soulèvement qui bas toujours de l’aile.

Face à cet appel des étudiants au chef de file des indépendantistes kabyles, un autre groupe d’étudiants islamistes clamait, de son côté, le droit d’Ali Benhadj, ex-numéro deux du FIS dissous, à la parole. Reprenant le slogan des autres étudiants, ces militants de Rachad criaient « laissez Ferhat Mehenni entrer, laissez Benhadj prier ».

L’on a compris très vite que les deux personnages « défendus » proposent, sur le terrain deux projets diamétralement opposés. Ferhat Mehenni, homme de culture, défenseur infatigable des droits de l’homme et de la démocratie ne peut être « associé », même le temps d’une marche à un Ali Banhadj, véritable chef spirituel des groupes islamistes armés.

Loin s’en faut, l’engagement des étudiants à défendre le droit de Ferhat Mehenni à rentrer dans sa Kabylie sans être inquiété par le pouvoir relève, à la fois, d’une grande maturité, mais aussi d’un message plus que symbolique à l’attention des marcheurs du vendredi.

Cet appel des étudiants bas en brèche les « arguments » avancés par certains « politiques » ayant trouvé en le mouvement de contestation un tremplin pour se repositionner. C’est également une reconnaissance au président du GPK pour son militantisme sans faille et pacifique en faveur de la Kabylie.

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