Médecin assassiné à Aghribs : la thèse de la bavure militaire n’est pas exclue

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L’assassinat dans la nuit de mercredi à jeudi du médecin Hacène Larbi sur la route menant d’Azeffoun vers Aghribs n’a pas livré tous ses secrets. Alors que la première version des faits évoquait « un acte terroriste », soutenue par les fidèles à une certaine ligne politique. Des proches de la famille de la victime, quant à eux, parlent d’une « bavure » militaire. Ils appuient leurs dires par le fait que le crime  a eu lieu à proximité d’un barrage mixte au lieu-dit Agueni Ucharki, chef-lieu communal. Ajouté à cela l’arme du crime, une kalachnikov AK47, l’arme officielle de l’armée.

Les comptes rendus de la presse de ce matin sont contradictoires, appuyant ainsi la thèse de la bavure militaire. Pour certains, le suspect aurait été abattu juste après son crime. Pendant qu’on y lit d’autre que « les services de sécurité ont réussi à arrêter jeudi à 07 H 00 du matin l’auteur présumé de l’assassinat, non loin du lieu de l’attentat, selon des sources proches de la famille de la victime ».

C’est justement ce détail qui accrédite la thèse avancée par les proches. Ils se demandent comment se fait-il que les militaires ont, aussitôt le crime orchestré, déclenché une vaste opération de ratissage pour, finalement retrouvé l’accusé non loin du lieu du crime. Ajouté à cela que selon une source médicale, la victime s’est vidée de tout son sang, faute d’avoir été secourue alors que les militaires étaient à 300 mètres.

Ces militaires ont, en toute logique, démarré leur ratissage à partir de leur campement, autrement dit, à partir du barrage. Donc, il relève de l’impossible de retrouver « le criminel » à la fin de l’opération de ratissage, mais tout près du lieu du crime. Il est de notoriété publique que toute enquête commence d’abord et avant tout après l’inspection du lieu du crime.

La mobilisation massive des forces armés qui ont quadrillé la ville d’Aghribs la nuit ne serait qu’une démonstration « tape à l’œil » pour couvrir une bavure militaire. Les autorités judiciaires ont accéléré la procédure de restitution du corps de la victime à sa famille en vue de son inhumation. Alors que dans une enquête sérieuse pour acte terroriste, le déplacement du corps de la scène du crime à la morgue aurait pris plusieurs heures, et l’autopsie plusieurs jours, avec une période conservatoire pour les besoins de l’enquête. Ce bâclage cache mal les vrais raisons de ce crime.

Les sources « officielles » qui ont communiqué précisent, en outre, que le suspect « aurait été retrouvé blessé à environ 300 mètres du lieu du forfait, sur la route de Cheurfa ». « Il aurait été blessé suite à la tentative de la victime de lui résister ». A partir de ce florilèges d’informations relayé sur le crime des Aghribs, il faut noter que contrairement aux proches de la victimes, certains issus de la même région dont l’ex député RCD ont tenté la version « terroriste » au crime.

Dans un pays où 99% des crimes sont commis à l’arme blanche, il y a de quoi se demander qui est derrière le braquages avec des fusils à pompe et des assassinats à la kalachnikov.  Pour ce radotage, la Kabylie connaît le refrain et les objectifs !

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