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« Mémoire courte et appel de l’Histoire », par Saïd Sadi

Ecrit par Hichem B

Depuis quelques jours des parties aux aguets s’offrent à l’un ou l’autre des clans qui se disputent un pouvoir décadent. Maintenant que l’institution militaire semble en situation d’imposer ses décisions, les repositionnements opportunismes s’accélèrent. Ces acteurs, formatés dans la dépendance clanique, incapables de revendiquer un combat porté par des convictions ou de se faire reconnaître par leurs parcours, invoquent la révolution citoyenne pour donner du poids et du sens à de douteuses prétentions.

Démarche immature, cupide et vaine de clients politiques qui n’ont saisi ni la profondeur ni la portée d’une insurrection citoyenne qui a déjà marqué l’Histoire. Ce qui fait la force et la légitimité du mouvement du 22 février, c’est son auto-mobilisation et sa résolution à en finir avec les clans militaro-policiers auxquels des fantassins de l’allégeance rêvent de l’inféoder.

L’ambition compulsive est l’ennemi de la mémoire vertueuse. C’est parce qu’en 1962 des responsables, des groupes ou des courants d’idées ont ignoré le sens de l’Histoire et, pour certains, renié leurs propres convictions, privilégiant les commodités des alignements sectaires et conjoncturels, que l’Algérie vit en 2019 des turbulences qui sont l’illustration de l’an zéro de la démocratie.
Seules la cécité et l’aliénation clientélistes empêchent de voir que l’appel à la rénovation démocratique qui revivifie la nation dépasse le registre du champ politique et a fortiori celui des offres de service politiciennes. Cet élan salvateur a vocation à créer un rapport de force en faveur d’une rupture radicale avec le système des clans.

La maturité politique est dans le peuple qui assume sereinement ses diversités politiques et idéologiques en attendant que des conditions de transparence politique lui permettent de sanctionner, par sa libre expression, les programmes qui lui seront soumis.
Dans cette phase historique, l’armée peut, elle aussi, opérer, enfin, sa mutation républicaine pour devenir un démembrement de l’Etat, soumis, comme les autres institutions, au peuple souverain. Elle a, en ces instants critiques, à se méfier autant de ses propres démons que de ses courtisans.
L’Histoire sera aussi sévère avec ceux qui tentent de détourner ou de polluer une révolution qui force l’admiration du monde que ceux qui se sont commis dans un « gouvernement » de potiches, image inversée d’un peuple en marche vers son destin. Il y a, dans ces deux tentations, des différences de degré mais pas de nature.

Le peuple algérien peut mener à bon port sa fabuleuse épopée. Rien ne l’arrêtera dans la conquête de sa dignité et de ses droits, pour peu qu’il maintienne ses objectifs et sa mobilisation. Ce jour là, il remportera la plus belle des victoires car il ne devra sa résurrection qu’à son courage et son patriotisme.

Said Sadi le 02 avril 2019.

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Hichem B