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Mort en détention du Dr Fekhar : l’ONU condamne

Kameleddine Fekhar et ses deux enfants arrêtés
Ecrit par Hichem B

La mort en détention de Kameleddine Fekhar, militant politique mozabite a fait réagir le Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies. Dans son rapport le Groupe de travail a condamné le fait que le détenu « n’aurait pas reçu de soins médicaux adéquats à temps avant sa mort survenue le 28 mai 2019 ».

« Des experts des Nations Unies se sont déclarés alarmés par la mort en détention du défenseur des droits de l’homme algérien Kamel Eddine Fekhar après une grève de la faim de 53 jours », ont-ils écrit, ajoutant que « nous sommes particulièrement préoccupés par le fait que les soins nécessaires n’ont pas été prodigués à M. Fekhar alors qu’il était sous l’autorité pénitentiaire, ce qui est contraire au principe 24 de l’Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement ».

Kamel Eddine Fekhar était détenu depuis le 30 mars 2019. Le Groupe de travail avait considéré une précédente période de détention depuis 2015 comme arbitraire (voir l’avis no. 34/2017) et contraire au Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le Groupe de travail avait entre autres demandé sa libération immédiate.

  1. Fekhar avait été libéré deux ans plus tard, le 18 juillet 2017 et avait poursuivi son travail de médecin et de défenseur des droits humains jusqu’à sa nouvelle arrestation en mars 2019.

« Nous sommes alarmés par les faits rapportés et regrettons l’absence de mise en œuvre de l’avis du Groupe de travail sur la précédente détention arbitraire de M. Fekhar », ont déclaré les experts indépendants. Ces derniers estiment également très inquiétant que les autorités algériennes, après avoir libéré M. Fekhar, n’aient pas respecté les garanties de non-répétition de la détention arbitraire d’un défenseur des droits de l’homme.

Les experts sont José Antonio Guevara Bermúdez, Président-Rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire ; Michel Forst, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme; Victoria Lucia Tauli-Corpuz, Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones : et Fernand de Varennes, Rapporteur spécial de l’ONU sur les questions relatives aux minorités.

Les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies font partie de ce qu’on appelle les « procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales qui constituent le plus grand groupe d’experts indépendants dans le système des Nations Unies des droits de l’homme, sont les mécanismes indépendants d’enquête et de surveillance du Conseil qui traitent, soit de situations spécifiques de pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire; ils ne sont pas fonctionnaires de l’ONU et ne reçoivent pas un salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et siègent à titre individuel.

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Hichem B