Arrêtée mardi dernier à Alger : Nadia Matoub raconte son interpellation

214

Arrêtée mardi 17 décembre à Alger en compagnie de deux autres militants, Yanis Adjlia et Tahar Achiche,  Nadia Matoub, la veuve du Rebelle, raconte à kab-news les circonstances de son arrestation. « On a été retenu une première fois une quinzaine de minutes par un barrage », raconte-t-elle, précisant que « la police a expliqué cela par un signalement correspondant à notre véhicule ». « Ils ont dit au conducteur qu’un sabot a été posé sur la voiture et que nous l’avions enlevé. Le conducteur leur a assuré qu’il n’y a pas eu de pose de sabot et qu’il s’agissait d’une erreur. On nous a laissé partir », souligne Mme Matoub.

Les déboires avec les forces de répression n’en finissaient pas pour autant. Les intimidations vont crescendo contre elle et ses compagnons. « A notre surprise, au prochain barrage, ils immobilisent notre véhicule à nouveau pour le même motif. Cette fois, ils ont demandé et pris les pièces d’identité de tous les occupants du véhicule. Quelque temps après avoir pris nos papiers, un véhicule de police arrive. Les policiers remettent nos pièces d’identité aux nouveaux arrivants. Et quelques instants plus tard, un deuxième véhicule de police arrive suivi d’un troisième quelques minutes après. Là, on a compris qu’il ne pouvait plus s’agir d’un simple contrôle de papiers du véhicule, ni de cette histoire de sabot. Nos pièces d’identité circulaient d’un policier à un autre et les derniers arrivés détenant nos pièces étaient des policiers en civil », ajoute-t-elle.

« Après plus d’une heure d’immobilisation au niveau de ce barrage pendant laquelle des policiers en civil nous filmaient, ils nous ont ordonné de les suivre au commissariat. C’est à ce moment qu’on a donné l’alerte par téléphone après une première tentative via Facebook qui n’a pas abouti immédiatement pour absence de réseau internet », indique Nadia Matoub, précisant qu’on « nous a conduit au commissariat, escortés par des véhicules de police ». « À peine descendus de notre véhicule, des policiers en civil nous bombardent de questions sur notre venue sur Alger et nos destinations tout en faisant allusion au ministère de l’Intérieur et d’autres absurdités », tenait-elle a raconté, estimant qu’après avoir pris nos filiations, « on a tenté de nous séparer avec insistance. Une altercation verbale a éclaté entre Yanis. A et le policier qui l’interrogeait quand il lui a pris son téléphone ».

« C’est à ce moment que des militants arrivent au commissariat suite à l’alerte donnée concernant notre interpellation. Ils nous informent que des avocats et d’autres militants se sont mobilisés et qu’ils étaient sur le chemin. Les policiers désorientés par la mobilisation en cours, nous ont remis nos pièces d’identité. À la fois désemparés et agacés, ils nous ont demandé de quitter les lieux rapidement », a dit Nadia Matoub, comme pour dire que leur libération n’est certainement due qu’à la mobilisation des militants. « Ces interpellations sans fondement constituent l’une des pratiques que subissent depuis des années les militants qui s’engagent dans la voie de la liberté et que j’ai dénoncé à plusieurs reprises », a dénoncé la veuve du Rebelle, qui a remercié tous ceux qui se sont mobilisés suite à leur appel et rendu hommage aux militants qui subissent la répression chaque jour et qui continuent de lutter avec force et dignité.

Comments
Loading...