Opération zéro Kabyles, les dessous d’une affaire d’état bénie par l’axe Riyad-Abu Dhabi

2 747

La réunion qui s’est tenue vers la fin du mois d’août dans la commune de Sidi Lakhdar, distante d’une cinquantaine de kilomètres du chef-lieu de Mostaganem, ne cesse de livrer ses secrets. Malgré que la classe politique et les médias algériens ont pris cet événement pour un banal attroupement d’illuminés racistes. Notre enquête révèle une action coordonnée avec des soutiens haut placés dans la hierarechie du pouvoir algérien.

Lieu et équipement du colloque antikabyle
Lieu et équipement du colloque antikabyle

Ce que ses organisateurs ont baptisé « le colloque de conscientisation » s’est déroulé sur au moins trois jours entre le 18 et le 20 août 2019. La commune a mis à leur disposition des lieux de réunion, des dortoirs pour l’hébergement. La gendarmerie a assuré la sécurité en dépêchant sur les lieux une équipe et deux voitures. L’entremetteur entre les organisateurs et ce corps armé, n’est autre qu’un ancien gendarme à la retraite, lui même participant à ce « colloque ».

Lakhdar Benkoula le théoricien
Lakhdar Benkoula le théoricien

Parmi les participants, l’un d’entre eux se distingue par son profil atypique. Lakhdar Benkoula, un parfait francophone, naturalisé français et vivant dans la région de Besançons, dans l’est de la France. Il est le théoricien de cette opération.

Présence de la gendarmerie
Présence de la gendarmerie

Il travaillait comme coopérant français à l’université de Aden au Yemen en 1999 et 2006. Il est rattaché au ministère des affaires étrangères français et intervient dans des programmes de coopération culturelles avec les pays arabes. Il serait aussi un agent de la DGSE, le renseignement exterieur français. Il aurait profité de son séjour au Yemen, un pays qui se caréctérise par de nombreuses similitudes socio-politiques avec l’Algérie, pour mettre au point une stratégie pour semer les graines de la guerre civile en Algérie. Comme un scénario à la syrienne est voué à l’échec à cause de la défaite militaire des islamistes algériens, Benkoula a vendu un autre scénario à base d’affrontements ethniques à la yéménite aux puissances de l’axe Riyad-Abu Dhabi.

Amar Saidani et Belkhadem les parrains politiques
Amar Saidani et Belkhadem les parrains politiques

Pour réaliser ce plan, Benkoula s’est entouré de « parrains » politiques à l’instar de Amar Saidani et de Abdelaziz Belkhadem, des proches du chef de l’état-major Gaïd Salah. Amar Saidani serait le véritable chef d’orchestre de l’intronisation de ce dernier à la tête du système. Pour preuves, toutes les personnes opposées à Amar Saidani lors de son passage à la tête du FLN, sont mises en prison par Gaïd Salah. Sur le plan politique, cette opération vise à stigmatiser la Kabylie, en prévision des prochaines élections voulues par le système. Préparer l’opinion algérienne à une défection massive de la Kabylie et de son éventuelle répression violente lors du sauvetage du système algérien en désignant un président de la république, synonyme de stabilité retrouvée.

Et de « parrains » militaires parmi les hauts gradés de l’armée algérienne qui ont accès à

Général Othman Belmiloud, ex chef du renseignement militaire
chef du renseignement militaire

tous les dossiers sensibles. Le premier est le général Othman Belmiloud, ex chef du renseignement militaire. Originaire de Tlemcen, c’est anti-kabyle primaire. Il serait le véritable « maître à penser » de cette opération avec Mohamed Elouali, dont il a repris la page Facebook pour diffuser sa propagande. Ayant des difficultés à recruter parmi les officiers de l’armée, il s’est rabattu sur le corps de la gendarmerie nationale pour former ses troupes. Profitant du racisme anti-kabyle presque inné de ce corps armé, il attend les ordres de Gaïd Salah pour provoquer un bain de sang en Kabylie, dans le cas les élections prévues prochainement ne se passeraient pas selon la volonté de ce dernier.

L’opération « zéro Kabyle » révèle la vraie nature du régime algérien infiltré jusqu’à la moelle par les puissances étrangères des deux axes en conflit: Riyad-Abu Dhabi et Doha-Ankara. Si l’information est venue d’un activiste  proche de la confrérie des frères musulmans, c’est pas par amour de la Kabylie ni des Kabyles, c’est juste un règlement   de comptes entre des belligérants qui ne cachent plus leur allégeance à l’une ou l’autre monarchie du Golf. Pour qui le but ultime est l’extermination de la Kabylie du paysage nord-africain et avoir une vue sur l’Atlantique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comments
Loading...