Poésie/ « Suis-je solitaire », par Manssouri Essaid*, poète amazigh marocain

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Suis-je solitaire ? les mains dans les poches.
Au petit matin, bohémien, je marche en sifflotant,
Au haut, très loin, quand le soleil levant se désembrume,
Et le ciel et ses longs yeux attrapent un rhume.

Au-revoir, mes chers amis, au-revoir mes proches,
Ma rose chérie et ses cheveux noirs flottants,
Les oiseaux villageois et ces bois en grume,
Les champs verts et ces sillons de divers agrumes.

À la ville économique des voitures, des bruits,
Des montres pressées et des cloches infatigables,
À la ville politique où la nuit ensoleillée bruit
Aux oreilles des rues, les papillons rôdent sur les gâbles

Des châteaux, où Dieu dort à moitié, les poètes restent
Sous la lampe, ils écrivent un poème, un long texte,
Où les familles se discutent devant la télévision,
Poète au milieu de la ville, cherchant la vision

De ce monde moderne, cette machine temporelle,
De ces objets rationnels, ces machines corporelles.
Ces villas, meubles, appartement, bars et cabarets.
Ces vacarmes, tumultes, cris, pleurs et barets.

Ces casse-têtes des camions, des vélos et des motos.
Ces panneaux de signalisation, publicités collées aux murs.
Ces clichés et des graffitis griffonnés sur les grosses autos.

Ce monde, ce coupable dessiné par nos conneries,
On se croit immortel, le sens des cons, ânerie,
Tout est question d’éternité et une liberté de flânerie,
Tout est question de paix et une vie sans théories.

 

* Manssouri Essaid, est né le 4 janvier 1991 à Souk Elkhmis Dades, la vallée de Dades, sud-est Maroc. Il est un poète amazigh engagé, qui vit sa bohème entre les champs et les montagnes, c’est un berger des mots et aussi des maux, dans ses poèmes, on trouve souvent cette liberté qui s’envole tel un pigeon en exprimant sa passion d’une manière poétique et pleine d’esthétique.

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