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Pourquoi l’extradition du général Khaled Nezzar est vouée à l’échec ?

Ecrit par Boukhelifa Zahir

Le mandat d’arrêt international émis par le tribunal militaire de Blida, sur instructions personnelles du chef de l’état major, Gaïd Ahmed Salah,  contre le général Khaled Nezzar, son fils et Lotfi et Belhamdine Farid   est ce qu’on peut qualifier sans exagération de « mandat d’arrêt international le plus bête du monde ». Il comporte dans son énoncé même la raison de sa non exécution par aucun état européen. Selon la convention européenne d’extradition, le refus d’extradition est obligatoire lorsque l’infraction revêt un caractère politique. Ce refus devient facultatif, donc soumis à la la décision d’une cours de justice lorsque la peine encourue par le prévenu est la peine capitale, dont la mort.

La partie requérante dans ce dossier est dans l’impossibilité quasi totale de prouver le caractère apolitique des motivations de ce mandat d’arrêt. La situation insurrectionnelle que traverse actuellement l’Algérie, a donné lieu à une crise politique et non à une insurrection armée. Ce qui compliquera la tâche pour constituer un délit autre que politique.

Même si le refus d’extradition est facultatif, l’article 77 est très explicite quant au sort des condamnés qui risquent la peine de mort. Dans le cas où l’extradition est sollicitée pour un pays européen, les juges réfléchiront plusieurs fois avant d’apposer un OK qui signifierait la mort au bout du compte, fusse-t-il un général de l’armée algérienne.

Mais le plus troublant dans ce dossier, c’est que le général Khaled Nezzar est « facilement » poursuivable dans des affaires liées à la décennie noire, mais « la justice militaire » actionnée par Gaïd Salah s’est bornée à des faits récents avec une chance d’aboutir proche de zéro. Ce dernier veut bien faire tomber Nezzar mais ne pas ouvrir la boîte aux pandores qui risquerait de partager sa cellule.

En conclusion, les arguments avancés par la « justice militaire » algérienne ne pèsent pas plus d’une poignée de pois chiches.

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Boukhelifa Zahir