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Quel rôle pour les souverainistes kabyles dans une élection algérienne anté-chaos?

Quel rôle pour les souverainiste kabyle dans une élection algérien anté-chaos?
Ecrit par Boukhelifa Zahir

Le grand cirque organisé à la coupole d’Alger en guise de meeting de soutien au candidat-président-infirme A. Bouteflika a ajouté du marasme à celui déjà existant. Pas moins de 40 000 personnes venues de toute l’Algérie, qui pour certains ne savaient même pas les raisons de leur présence à cette mascarade, ont fait acte de présence pour grossir les rangs. Le spectacle affligeant de cet événement a suscité un grand malaise au sein de la classe politique dite d’opposition et parmi les classes populaires qui assistent impuissantes à l’un des hold-up les plus flagrant de l’histoire de l’Algérie.

Las d’espérer un hypothétique changement, la rue kabyle est sur le point de virer de bord. Dans ce climat désespérant à bien des égards, la confirmation par l’APS de la candidature de Bouteflika pour un cinquième mandat a fait naître un sentiment de « dégoût » synonyme de résignation parmi les plus perspicaces à croire encore dans un avenir commun avec le reste de cette Algérie. la disparition tragique des militants: Hamid Ferhi, de la jeune militante féministe Imane Chibane et de son compagnon est vécue comme une injustice insupportable. Alors qu’un homme en fin de vie est porté à bras le corps par à se représenter à la magistrature suprême par une frange de la société animé par les ripoux de tous poils, des militants sincères sont fauchés à la fleur de l’âge.

Face à ce tour de dominos fermé, les regards se tournent vers la famille souverainiste qui depuis des années n’arrêtait de donner l’alerte sur le risque d’un chaos généralisé imminent. Dans ce climat aux lendemains incertains, des voix se sont élevées pour appeler Ferhat Mehenni à prendre part à cette échéance électorale. Malgré si pour certain ces élections ne concernent pas la Kabylie, néanmoins ils espèrent faire de cette échéances d’une part un référendum pour l’indépendance de la Kabylie. Et d’autre part saisir cette tribune pour parler avec les Kabyles qui ne sont pas encore acquis à l’idée de l’indépendance et surtout ouvrir un dialogue avec le reste de l’Algérie pour les inciter à déconstruire ensemble ce système politique qui menace la stabilité de tout le bassin méditerranéen.

L’indicateur premier de ces revirements de situations réside dans les échanges enregistrés sur les réseaux sociaux. Pour contrer cet état de fait auquel les accule le système des Bouteflikas au pouvoir, certains n’hésitent pas à tomber le masque et déclarer ouvertement qu’il n’appartiennent plus à cette Algérie. L’amorce de ce mouvement, aubaine pour la famille souverainiste, ne fera que renforcer la revendication d’une Kabylie s’assumant pleinement comme entité humaine et politique distincte.

Si les dirigeants indépendantistes kabyles ne s’expriment pas encore sur la question, c’est que le risque de se brûler les ailes en vol est grand. Les craintes consistent à se faire aspirer par le tourbillon des élections algériennes et servir inconsciemment des intérêts contraires à ceux annoncés au départ. Les deux tendances souverainistes sont à l’étape de la palpation du terrain kabyle pour une éventuelle union de toutes les forces pour aller à la bataille en rangs serrés. Condition sine qua nun pour sortir indemne d’une telle aventure à risque.

 

 

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Boukhelifa Zahir